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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 19:43

Pour affirmer quelque chose qui nous tient à coeur, nous sommes très souvent envahis de peurs que nous avons du mal à contrôler. Comme nous avons du mal à les contrôler, nous préférons alors enrober ce que l'on désire dans un tel papier cadeau que notre interlocuteur a de grande chance de ne pas entendre. 

Voici un exemple.

- Il fait bon maintenant, dit Jeanne qui pointe le nez dehors en s'adressant à son mari qui nettoie la terrasse du jardin. 

patio-manger-dehors.jpg

- Oui, le vent est tombé, répond Jean, tout occupé à sa tâche. 

- Ce serait bien de manger dehors, relance timidement Jeanne. 

La réponse ne venant pas, Jeanne se met à penser que Jean n'a pas compris qu'elle voulait manger dehors.

Mais comme elle craint une réponse sèche parce qu'elle pense que son mari va refuser de toute façon, elle reformule sa demande, en l'enrobant d'un "on", papier cadeau impersonnel. 

- On pourrait manger dehors 

- Tu sais que je peux pas, commence à s'énerver Jean. 

- Ah oui ... 

Silence.  

- C'est pourquoi tu ne peux pas déjà ? reprend avec courage Jeanne qui a vraiment, vraiment envie de mange dehors. 

- Je suis allergique aux sapins.

- Ah. 

Silence.  

- Et il est où le sapin ? 

- Tu m'énerves ! On mange dedans. 

cadeau-emballe.jpg

Il est fort à parier que Jean ressente la demande de Jeanne comme une agression parce qu'il pense que Jeanne  ne le comprend pas.  Il sait que Jeanne sait qu'il n'aime pas manger dehors et son insistance impersonnelle est la marque pour lui d'un non respect de son désir. Il est tellement mécontent qu'il ne pense pas un instant à se mettre à la place de Jeanne et à penser qu'elle pourrait, elle avoir envie de manger dehors. 

Jeanne aussi pense maintenant que Jean ne parvient pas à être attentif à ses désirs et qu'il ne comprend pas ce qu'elle veut. De toute façon, cela fait des années qu'elle pense que Jean ne l'écoute pas. Elle est à mille lieues de penser que c'est elle qui ne s'expime pas. 

Mais imaginons que Jeanne ait dit "Je sais que tu n'aimes pas manger dehors, mais moi, j'aimerais bien que l'on mange dehors une fois au moins ou de temps en temps."

Jean, habitué à dire ce qu'il pense aurait répondu franchement sans inventer une raison qui bloque le dialogue définitivement" Oui, c'est vrai, je n'aime pas manger dehors. Cela m'empêche de regarder la télé (par exemple)."

Jean et Jeanne seraient peut être allés vers un compromis en prenant le café dehors ou en déplaçant l'heure du déjeuner. 

Les peurs que nous avons à ce moment là sont basées sur la peur d'être rejeté par l'autre, une peur qui existe parce que nous nous mettons à penser ce que l'autre pourrait penser si on dit ceci ou cela.

Jeanne est persuadée que Jean ne comprend pas ce qu'elle veut.

Jean est persuadé que Jeanne ne le respecte pas.

Jean et Jeanne ne se respectent pas eux mêmes et sans respect pour eux mêmes, pour leurs propres désirs, leurs propres besoins, ils ne peuvent respecter ceux de l'autre. C'est un jeu sans fin qui, au fil des années qui passent dans une relation aboutit à une non communication.

 Jean et Jeanne pensent  "je ne vais pas lui dire ça, te toute façon, je connais sa réponse. Il ne voudra pas." Jeanne ne voudra pas que Jean place la télé avant la terrasse et Jean ne voudra pas manger dehors. 

Alors pour dire ce que nous avons envie de dire, Jean et Jeanne prennent le chemin le plus compliqué, celui qui consiste à non dire ce que nous avons envie de dire, à exprimer de façon détachée et anodine ce qui nous tient à coeur. 

 

NB : 

J'ajoute une nouvelle histoire vraie à cette histoire vraie dont j'ai été témoin. Cette seconde histoire, c'est mon amie qui me la racontée ce matin :

- Je crois que je commence à comprendre ce que tu me dis tout le temps : il faut dire ce que l'on pense en exprimant nos émotions et nos désirs.

Hier soir, après avoir lu ton article sur "Apprendre à dire", j'ai réussi à m'en souvenir et quand Denis est rentré de son travail et s'est précipité sur sa console de jeux comme d'habitude, j'ai osé enfin lui dire que je savais qu'il avait besoin de se déconnecter de son travail en allant jouer dès qu'il rentrait, mais que moi, j'avais envie que l'on consacre quelques minutes à se parler parce qu'après, l'heure tournait, qu'il faut s'occuper des enfants et que le moment où l'on pouvait se retrouver enfin était trop tard dans la soirée pour que la discussion banale soit intéressante. Et ben, c'est incroyable, mais il m'a regardé, il m'a écouté et il m'a dit qu'il fallait qu'on en parle effecitivement et qu'il commence à se détacher de cette habitude trop rigide. Il a ajouté qu'effectivement, parler de la journée à 22 ou 23h, c'était même un peu pénible parce que c'était revivre des heures de boulot au moment où on s'était vraiment détaché.

C'était la première fois qu'il écoutait ce que je disais en parlant de cette habitude et qu'il était d'accord avec ce que je ressentais. 

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Mary Gohin - dans Communication

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