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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:55

Dans un permier article sur les distorsions cognitives, j'ai abordé le premier groupe des distorsions cognitives que nous avons vis à vis de la réalité et qui fait que nous donnons aux autres, matière à penser que nous sommes ce que nous pensons être. Ces premières distorsions étaient regroupées dans la surgénéralisation. 

Puis dans un second article, j'ai abordé le second groupe, celui qui nous amène à sauter aux conclusions sans examiner le cheminement. 

Dans cet article, j'aborde le troisième et dernier groupe des distorsions, celui des distorsions basées sur un raisonnement émotionnel. 

distorsions-cogntives-3.jpg

Le raisonnement émotionnel

Rappelons que les distorsions sont basées sur des pensées automatiques, des pensées dont nous n'avons pas conscience mais qui font partie de notre fonctionnement cognitif et qui sont le reflet de ce que nous pensons de nous, à un moment donné, dans une situation donnée.

Ces pensées automatiques peuvent devenir conscientes assez facilement pour peu que l'on prenne le temps et le désir de les examiner. Ce sont souvent des jugements négatifs que nous portons sur nous mêmes et qui n'ont très souvent aucun appui raisonnable. Cela peut être : "je suis nul", "je suis ne suis pas capable de..." "je suis un imposteur". 

Quand elles arrivent à notre conscience, nous pouvons travailler sur leur fondement et les remplacer par des pensées rationnelles, c'est à dire des pensées qui contredisent les pensées automatiques, mais qui sont basées sur une objectivité de ce que l'on a déjà réalisé. Les pensées automatiques sont fausses, les pensées rationnelles sont vraies. Les pensées automatiques engendrent une émotion. Les pensées rationnelles engendrent un sentiment sur des faits. 

Mais ce travail n'est pas suffisant parce que les pensées automatiques ont engendré une émotion et que c'est cette émotion qui nous fait interpréter la situation. Si bien que si, nous nous contentons de remplacer les pensées automatiques par des pensées rationnelles sans intervenir, sans reconnaitre et gérer les émotions qui sont engendrées par les pensées automatiques, le raisonnement n'est pas rationnel, mais émotif et dans ce raisonnement émotif, on continue à tenir pour acquis la pensée automatique qui cause l'émotion négative. Notre raisonnement est basé alors sur l'émotion négative. 

Or, le raisonnement émotif a la particularité d'amplifier les effets des distorsions cognitives parce qu'il nous apporte la preuve que nous avons raison de penser ce que nous sommes. 

Imaginons une situation qui vous stresse, vous rend nerveux et anxieux. Vous pouvez avoir comme pensée automatique : "je ne réussis jamais". Vous reconnaissez l'émotion de peur qu'engendre cette pensée et vous poursuivez votre raisonnement sur la base de cette émotion. "Je suis nerveux et j'ai peur d'échouer. C'est donc la preuve que j'ai raison de penser que je vais échouer parce que sinon je n'aurais pas peur." Vous pensez que la peur est la raison de votre pensée automatique. Et bien sûr, vous allez échouer pour prouver que vous aviez raison de penser que vous alliez échouer. C'est aussi bien sur, non pas parce que vous vous direz "je dois réussir, il faut que je réussisse" que vous réussirez, mais parce que vous chercherez dans votre expérience des raisons de votre réussite que vous réussirez. "Je me suis bien préparée" est la pensée rationnelle qui devrait par exemple remplacer la pensée automatique. 

Revenons sur la pensée émotionnelle qui vous a fait raisonner dans le sens de la preuve de votre futur échec. Sans avoir réfléchi sur la peur elle même, vous avez pris la peur dans sa globalité : la peur de la situation. Mais souvent, en cherchant le fondement de cette peur, vous trouvez que la peur est beaucoup plus ciblée, beaucoup plus précise. La peur de ne pas être compris par exemple. Quand la preuve n'est plus fondée sur l'émotion, la preuve devient un fait et les faits peuvent être raisonnés. 

L'émotion nous trompe car elle nous embarque dans l'interprétation de la situation par rapport à elle. 

Il y a deux types spécifiques de raisonnement émotionnel. 

Cognitive-Distortion.jpg

1. Je dois tout faire moi même

En anglais, Albert Ellis appelle cette distorsion le "musterbating" et Clayton Barbeau le "shoulding yourself". 

La pensée automatique de cette distorsion est celle de vous dire que vous devez faire quelque chose de différent de ce que vous êtes en train de faire parce que vous devez le faire. Il faut évidemment la différencier des obligations qui nous contraignent à faire ce que nous devons faire et non pas forcément ce que nous voulons faire. Là ce sont des conclusions rationnelles. 

Pour différencier la pensée automatique de la pensée rationnelle, le plus facile est de se demander pourquoi on doit faire ce que l'on se sent obligés de faire. 

"Je dois lui parler" peut être une pensée automatique. Mais si" je dois lui parler sinon il ne sait pas ce que je pense", alors cette pensée est une déclaration sur des faits et n'est pas ce que l'on appelle une pensée automatique engendrant une émotion négative. 

Les "je dois, je devrais, il faut que..." sont des pensées automatiques si le résultat est la procrastination. Si chaque fois que je pense que je dois lui parler et que, ne le faisant pas, je me sens coupable et déprimé, je vais faire tout pour penser à autre chose, et surtout éviter de faire ce que je pense devoir faire. 

Si on examine la pensée dans sa totalité, cela pourrait donner : "Je dois lui parler et il va penser que je suis encore inquisitrice et que je le bloque." Plus la pensée est "je dois" et moins on le fera. On n'a pas envie de faire ce que nous pensons devoir faire ce qui nous fait mal et nous renvoie une pensée négative sur nous mêmes. 

Quand nous étions enfants, il était nécessaire de nous dire : "tu dois" pour nous dire de faire ce que nous devions faire et que nous n'avions pas envie de faire. Devenus adultes, nous avons le choix de faire ou de ne pas faire. Mais quelque soit le choix, nous devons assumer. 

Une façon de casser cette emprise du "je dois faire" est celle de poursuivre cette pensée automatique en ajoutant à "je dois" le "je choisis de..." On ne remplace par "je dois" par "je choisis", mais ajoute bien "je dois" à "je choisis". Ainsi vous avez le choix de dire "Je dois le faire et je choisis de le faire" ou "Je dois le faire et je choisis de ne pas le faire". Rapidement, vous vous apercevrez que si vous optez pour "Je dois le faire et je choisis de ne pas le faire", vous ne croyez pas vraiment que vous devez le faire. 

Un "je dois" mène à la culpabilité. Un "je choisis de" mène à la responsabilité. 

2. La personnalisation ou le blâme

Cette distorsion cognitive est à placer aux deux extrêmités du sentiment qui suit une situation négative. C'est la façon dont nous avons l'habitude d'interpréter les causes des situations. 

Le style d'explication peut être tourné vers la personnalisation ou vers le blâme. Dans le premier cas, on pense que les causes sont internes, tout est de notre faute. Dans le second cas, on pense que les causes sont externes, tout est de la faute des autres. 

Prenons l'exemple d'une femme qui face à l'infidélité de son conjoint pense que son mari la trompe parce qu'elle ne lui apporte pas tout ce qu'il désire. Elle personnalise ce qui arrive, c'est à dire qu'elle se rend entièrement responsable et croit que la situation est uniquement contrôlée par elle. La pensée automatique dans ce cas là est basée sur une mauvaise estime de soi, du genre "je suis stupide" "je ne vaux rien". 

Mais si à l'inverse, elle pense que son mari la trompe parce qu'il est inconséquent, elle rejette toute la situation sur son conjoint, le blâme et ne prend aucune part à la situation. 

Il faut en examinant les causes, un juste équilibre entre l'interne et l'externe, entre l'optimisme et le pessimiste. L'optimisme est nécessaire pour avancer, le pessimisme est utilie pour planifier les conséquences. Et c'est le niveau de l'estime de soi qui donne l'équilibre en ajustant les pensées sur les faits et non sur les émotions. 

Voir aussi : 

- La surgénéralisaiton 

- Sauter aux conclusions

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Mary Gohin - dans Cognitions

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Mary Gohin

Psychologue, Hypnothérapeute

 

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