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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 15:39

Aujourd'hui, nous savons que la douleur peut non seulement être causée par une blessure physique, mais aussi par l'anxiété et les problèmes émotionnels.

La douleur chronique

Une douleur chronique est une douleur physique prolongée qui dure plus longtemps que le processus nature de guérison devrait le permettre.

Certaines douleurs chroniques sont dues à des blessures, des névralgies, des neuropathies, mais certaines autres souffrent en absence de l'une de ces conditions physiques.

Or, la douleur chronique est terriblement insupportable, entravant le fonctionnement "normal" de la personne, qui, à la recherche de soulagement, peut se tourner vers des addictions aux médicaments.

On sait que le stress émotionnel peut conduire à des maux d'estomac, à des maux de tête ou à des troubles de digestion. Mais on s'aperçoit que le stress intense peut également conduire à la douleur chronique.

En fait, quand on est trop stressé, continuellement anxieux, on devient si tendu en permanence que nos muscles se fatiguent.

Le traumatisme

Le traumatisme est la réponse psychologie et corporelle à l'expérience d'un événement insupportable, dépassant la capacité d'une personne normale à faire face. On parle généralement de violence conjugale, d'agression sexuelle, de catastrophe naturelle, de terrorisme, de violence dans l'enfance, de situation de combat....

Mais parfois le traumatisme est insidieux et n'est traumatique que pour la personne qui le vit. Ce sont toutes les situations qui laissent complètement accablé alors qu'elles ne comportent aucun danger physique. On parle alors de traumatisme émotionnel parce que ce sont des éléments subjectifs qui le  déterminent ainsi.

Les personnes ayant subi un traumatisme développent des réactions prévisibles liées à l'anxiété comme des pensées intrusives, des souvenirs répétés, une tension permanente, de la nervosité, des évitements...

Ces réactions sont des réactions d'éveil, des manifestations physiques de l'anxiété. C'est une façon de ne pas se rappeler l'événement et de rester vigilant au monde extérieur.

Traumatisme et anxiété

Que l'anxiété soit du à un traumatisme ou à d'autres causes, l'anxiété est un état du système nerveux. C'est pour cela que les gens anxieux sont des gens nerveux. Dans leurs sentiments, dans leur corps, dans leurs comportements. Le système nerveux avec l'anxiété est coincé dans un état d'alarme permanent.

Pour cet état d'alarme, on parle de réaction de fuite ou de lutte. C'est un état qui prépare à répondre à un danger, préparant le corps à fuir ou à lutter.

L'anxiété est le résultat du système nerveux à entrer dans la lutte ou la fuite en absence d'un danger réel. C'est juste la pensée que quelque chose de terrible pourrait arriver qui met le corps dans cet état.

Les réactions d'anxiété qui se produisent à la suite d'un traumatisme sont identiques. L'événement original était vraiment dangereux. Le système  nerveux s'est mis en état de survie en se préparant à la lutte ou à la fuite. Après l'événement traumatisant, la personne conserve l'événement en pensée, lançant le système nerveux dans sa préparation à  la lutte ou la fuite, comme si l'événement était encore présent. Cela conduit à une anxiété chronique, une augmentation de l'excitation et de l'évitement.

Traumatisme et douleur chronique

On a remarqué que, par rapport à la population générale, les personnes atteintes de douleur chronique ont tendance à avoir au moins de double de taux de traumatisme dans la population.

Bien sur, cela ne dit pas que le traumatisme provoque des douleurs chroniques, mais que les traumatismes peuvent conduite à des douleurs chroniques. Cela ne dit pas non plus que les gens souffrant de douleurs chroniques ont connu un traumatisme.

Il y a juste une certaine relation qui pourrait être la suivante : un traumatisme peut rendre une personne plus encline à développer une douleur chronique quand une blessure survient. Il faut donc un traumatisme et une blessure pour avoir peut être une douleur chronique.

Du système nerveux à la lésion puis à la douleur chronique

Tout le monde s'est déjà blessé ou est tombé malade. La grande majorité d'entre nous guérissent et ne ressentent plus de douleur. Cependant, certains ne guérissent pas et le blessure devient une lésion aigue puis une douleur chronique.

La plupart des experts pensent que ce passage entre blessure ou maladie à une douleur chronique est dû à une sensibilisation centrale (hyperexitabilité des neurones) qui maintient le système nerveux en tat de réactivité accrue. La sensibilisation centrale maintient la douleur, même après la guérison de la blessure ou de la maladie.

Autrement dit, puisqu'un traumatisme conduit à l'anxiété (une excitation physiologique), et à des comportements d'évitement et puisque ces réactions sont des indicateurs d'un système nerveux persistant, lorsque des personnes ayant connu un traumatisme, se blessent ou tombent malades, leur système nerveux est déjà dans un état de réactivité persistante. Ce qui lie le traumatisme à la douleur chronique est donc le système nerveux.

Le traitement de la douleur chronique

On peut apprendre à gérer la douleur chronique avec des méthodes se concentrant sur l'acquisition d'aptitudes à la douleur. Mais il est nécessaire également de se concentrer sur les facteurs psychologiques, sur le traitement de l'anxiété en particulier.

 

http://psychologue-adultes-couples.com/le-lien-entre-do…e-et-traumatisme/

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Mary Gohin - dans Cognitions
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 17:34

J'ai écrit cet article pour le site : réussite personnelle.

Voici le lien http://www.reussite-personnelle.fr/comment-bien-choisir-son-psychologue/

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Mary Gohin - dans Cognitions
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:08

Faire face à un changement ou à une perte est un événement inévitable de la vie. Mais il y a des événements qui sont vraiment traumatisants et qui peuvent être dévastateurs.

 

                            

 

Qu'est ce que la résilience ?

Le concept de résilience couvre plusieurs domaines comme la psychologie, la gestion et la stratégie. Il est utilisé dans différents contextes avec des nuances de sens, dont la plupart se résume à la notion d'adaptation aux circonstances d'un événement choquant.

En psychologie, le terme désigne dans son sens strict (introduit par Boris Cyrulnik) la capacité de faire face à un tramatisme sans être affecté par la suite ou de trouver les moyens de reconstruire après. Dans un sens plus large, c'est la capacité de poursuivre sa vie après un choc ou un événement traumatisant en définissant une stabilité immédiate et retrouvée.

Autrement dit, cette capacité permet à l'être humain d'utiliser ses compétences et ses forces pour faire face à un choc émotionnel pour continuer à vivre. 

L'être humain a une très grande capacité à s'adapter et à surmonter les catastrophes et l'adversité. Les individus comme les communautés sont en mesure de reconstruire leur vie après une tragédie dévastratrice.

Mais s'adapter ce n'est pas traverser l'événement traumatisant sans éprouver le stress et la douleur. Tout le monde ressent la tristresse, la colère après une catastrophe personnel ou communautaire. La voie de la résilience réside dans le travail sur ces émotions, sur les effets du stress, sur l'événement douloureux.

La capacité de résilience n'est pas quelque chose que l'on a ou pas en naissant. Cette capacité se développe tout au long de la vie.

La résilience se manifeste dans une variété de pensées et de comportements qui peuvent être appris et développés.

Les caractéristiques de la résilience

Nous sommes plus ou moins différents dans nos habilités d'adaptation, mais nous sommes tous capables de développer, de renforcer ou d'améliorer les compétences qui caractérisent la résilience.

La gestion des émotions

Les personnes résilientes sont conscientes de la situation et des réactions émotionnelles qui en découlent. Pour gérer ses émotions, il est essentiel de définir l'émotion et de chercher pourquoi elle nous envahit. En gérant nos émotions, nous conservons le contrôle de la situation et nous pouvons réfléchir aux solutions et aux conséquences de la situation.

L'idée que l'échec fait partie de la vie

Les personnes résilientes sont conscientes que la vie est pleine de défis et que même si nous ne pouvons pas éviter un certain nombre d'événements négatifs, nous pouvons rester ouvert, et prêt à s'adapter au changement.

Un locus de contrôle interne

Le locus de contrôle est un concept de psychologie sociale qui définit la façon dont nous percevons les causes de ce qui nous arrive. Les "internes" pensent qu'elles ont une source en nous même, tandis que les "externes" pensent que l'autre, l'extérieur est la cause de ce qui lui arrive. Les personnes résilientes ont tendance à croire que les mesures qu'ils prennent affecteront le résultat d'un événement. Certains facteurs sont totalement hors de notre contrôle, c'est évident. Mais il est toujours possible de faire des choix pour l'avenir.

De bonnes relations sociales

Chaque fois que nous sommes confrontés à un événement difficile, voire traumatisant, il est important de savoir chercher du soutien. Parler de ce que nous vivons permet de prendre du recul, d'exprimer nos émotions.

Devenir un survivant et non une victime

C'est certainement la caractéristique la plus importante. Il faut éviter de se penser en victime car quand on se définit comme victime, on n'a pas d'issu et on reste bloqué dans le passé. Si nous nous pensons survivant, nous allons nous concentrer sur le futur et penser action.

Être en mesure de demander de l'aide

L'aide est une partie essentielle de la résilience. Lors d'une crise, face à un événement traumatisant, il ne faut pas hésiter à aller consulter un psychologue. Par expérience, je peux dire que plus vite vous venez consulter et plus vite vous n'en aurez plus besoin.

Il peut être également utile de lire des récits de ceux qui ont vécu et surmonté un événement similaire, à la fois pour se motiver et pour y trouver des idées pour faire face.

 

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Mary Gohin - dans Cognitions
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 13:08

Définition

La phobie est un trouble de l'anxiété, généralement définie comme une peur persistante d'un objet, d'un animal ou d'une situation qui oblige la personne à avoir des attitudes disproportionnées par rapport au véritable danger que pose l'objet, l'animal ou la situation.

La phobie est plus qu'une peur, c'est une peur extrême, une peur irrationnelle. La personne phobique sait que sa peur est excessive, mais soit le simple fait d'y penser, soit le fait de se retrouver face à ce qui déclenche la phobie entraine une attaque de panique ou une anxiété sévère au cours de laquelle la personne éprouve des sensations écrasantes d'étouffement, des nausées, des vertiges...

Les premières peurs apparaissent dès l'enfance. Les enfants éprouvent des craintes communes : les bruits forts et les étrangers puis les créatures imaginaires et le noir puis les catastrophes naturelles et les animaux puis la maladie et la mort. Mais la plupart des enfants apprennent à les gérer et ces peurs disparaissent, par rationalité, à l'âge adulte.

La personne phobique aura une réaction immédiate, perçue comme irrépressible qui provoque très souvent un trouble panique.

Tentant d'éviter ce qui lui fait peur, la personne se mettra parfois dans des situations difficilement gérables.

On distingue :

Les phobies spécifiques

On peut les catégoriser ainsi :

- les phobies d'animaux ; les chiens, les araignées, les souris....

- les phobies liées à l'environnement : les hauteurs, le tonnerre ..

- les phobies liées à la santé : les blessures, le sang ...

- les phobies liées à la situation : les ascenseurs, les avions, les ponts ...

- les autres phobies comme la peur de l'étouffement ou la peur de vomir..

Certaines personnes ont plus d'un type de phobies

Les phobies sociales

Les personnes souffrant de phobies sociales (trouble d'anxiété sociale) ont de l'anxiété intense dès qu'ils sont le centre de l'attention des autres. Ces personnes ont surtout peur de la façon dont elles apparaissent aux autres. Elles craignent d'être critiquées, humiliées même dans les situations les plus ordinaires de la vie quotidienne.

La phobie sociale peut être généralisée dans la peur de toute situation sociale,

- les situations de performance : parler en public, faire quelque chose que les autres regardent

- les situations d'interactions sociales : aller dans un lieu fréquenté, manger avec les autres (même des amis) ou signer des documents ou des chèques ...

La phobie sociale peut être spécifique quand elle s'attache à une crainte particulière (par exemple l'affirmation de soi au travail ou avec des amis).

Les symptômes des phobies

- La peur est persistante, excessive, déraisonnable. Elle entraine souvent un trouble panique.

- La personne évite toutes les situations qui pourraient la mettre face à sa crainte. Quand la situation est inévitable, la personne est en détresse.

- La personne sait que sa peur est irrationnelle, mais cette connaissance ne lui est d'aucune utilité. Les peurs viennent automatiquement.

Les causes de la phobie

On ne sait pas exactement pourquoi certaines personnes développent des phobies et d'autres non.

Mais on pense que la phobie se produit par

Conditionnement classique

C'est l'apprentissage par association. Un enfant mordu peut développer une phobie des chiens.

Modélisation

C'est l'apprentissage par observation. Un enfant peut développer une phobie des souris en voyant sa mère devenir hystérique face à une souris.

Mais on admet également que certains facteurs peuvent augmenter la probabilité qu'une phobie se développe.

Le facteur familial

Une prédisposition à l'anxiété peut être transmise par un parent déprimé, anxieux

Le facteur culturel

Par exemple, au Japon, une des phobies sociales se caractérise par la peur d'offenser autrui alors que chez nous, la phobie sociale porte surtout sur la peur d'être personnellement humilié.

On peut alors penser que le facteur culturel est important pour le développement de la phobie.

Le facteur personnel

Le risque de développer une phobie augmente si la personne est plus sensible, plus inhibée ou plus négative que les autres. Mais inversement une personne plus sensible, plus inhibée ou plus négative ne développe pas forcément de phobie.

Les traitements de la phobie

Il y a un certain nombre d'approches utilisées par les psychologues pour modifier les actions et les modes de pensée des personnes souffrant de phobies. Mais on constate que peu de personnes souffrant de phobies vont consulter un professionnel pour obtenir de l'aide. Pour certains, c'est l'embarras (la gêne, la honte) qui les retient, pour d'autres c'est l'incompréhension de l'aide que l'on peut apporter, pour d'autres encore, c'est la peur même du traitement puisqu'ils vont être confrontés à leur peur et d'autres encore, parviennent toutes seules à traiter leur peur.

La plupart des phobies sont curables, mais aucun traitement n'est garanti pour toutes les phobies. Dans certains cas, il est nécessaire de combiner plusieurs traitements.

La Thérapie Comportementale

Elle vise à modifier la façon dont la personne agit. Elle peut être :

une thérapie d'exposition de de prévention de la réponse. Il s'agit d'une exposition graduelle à ce qui est craint. Face à la situation redoutée, le patient est amené à voir qu'il peut faire face avec succès à la situation sans que la fuite soit nécessaire.

et/ou

une thérapie de désensibilisation est parfois utile quand la personne a une trop grande difficulté à faire face à l'objet de sa peur. Il s'agit d'apprendre au patient des techniques de relaxation et de visualisation avant l'exposition progressive.

Par exemple, on peut demander à une personne qui a peur des ascenseurs, de regarder des photos, d'aller près d'un ascenseur, d'entrer dans un ascenseur. Puis de faire un étage en ascenseur, puis plusieurs avec peu de monde, puis plusieurs étages dans un ascenseur bondé.

La Thérapie cognitive

Elle vise à modifier la façon dont les personnes se perçoivent et pensent leurs peurs. Le patient est amené à analyser ses pensées, ses croyances et ses émotions en séparant ce qui est réaliste de ce qui n'est pas réaliste. Le patient apprend à reconnaitre ses pensées déformées et à les contrôler pour modifier leur comportement en conséquence. C'est un apprentissage à développer un sentiment de maitrise et de contrôle des pensées et des sentiments.

Cette thérapie est utile face à une personne développant plusieurs phobies ou quand la thérapie comportementale n'a pas été efficace parce que la personne a développé une nouvelle phobie. Elle vient en complément de la thérapie comportementale puisqu'elle permet d'agir sur les pensées

Par exemple, Mélanie, ex-agoraphobe, a développé depuis quelques mois une phobie des couteaux. Au cours d'un entretien, elle raconte qu'elle a trouvé un jour son fils en train de menacer sa soeur avec un couteau. Ensuite elle a développé des pensées obsessionnelles sur le fait de blesser des enfants avec des couteaux. Elle a donc commencé à éviter les couteaux. Mais fuir n'a fait qu'augmenter et enraciner sa phobie, dans un cercle vertueux.

Parallèlement, elle me raconte que son couple est en crise, qu'elle désirerait un autre enfant que son mari ne veut absolument pas.

Sa phobie vient réduire son conflit interne : comme j'ai peur de blesser un enfant avec un couteau, je ne peux pas avoir un autre enfant. Comme je ne peux pas avoir d'autre enfant, je suis d'accord avec mon mari.

Les médicaments

Les médicaments ne guérissent pas les phobies, ils aident ponctuellement à mieux gérer les effets de l'anxiété.

On trouve :

- Les antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, agissent sur la sérotonine, censé influencer l'humeur.

- Les benzodiazépines, tranquillisants mineurs, aident à se détendre et peuvent aider à gérer l'anxiété à court terme.

- Les bêta-bloquants agissent en bloquant les effets stimulants de l'adrénaline et peuvent réduire les symptômes du trouble panique.

Mais tous ces médicaments n'aident pas à réduire l'anxiété et à gérer la phobie.

Conclusion

La phobie est toujours plus complexe qu'il n'y parait à première vue. La peur offre parfois la solution à une tentative de résoudre un problème de la vie. Cette peur prend peu à peu une vie propre, détachée du contexte dans laquelle elle a été semée et la phobie s'enracine dans la vie quotidienne bien loin du but inconscient initial.

 

 

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Mary Gohin - dans Cognitions
3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:55

Comme il m'arrive souvent de recevoir des courriels demandant des précisions sur le type de thérapies que je mets en oeuvre auprès de mes patients, c'est à dire sur les Thérapies comportementales et cognitives, j'ai décidé d'écrire cet article pour en résumer les grands aspects.

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Que sont les TCC ? 

A) Les TCC sont des thérapies qui ont un large champ théorique. 

- la psychologie expérimentale étudie scientifiquement les comportements directement observables 

- les théories de l'apprentissage (behaviorisme, congitivisme, constructivisme, humanisme et connectivisme) étudient comment se fait l'apprentissage, quels sont les facteurs d'influence, quel est le rôle de la mémoire, comment se fait le transfert des connaissances. Il y a deux lois à la base de ces théories :

1. la loi de l'effet : un comportement suivi d'une récompense (d'une satisfaction) sera associé à la situation qui l'a déclenché.  L'homme a besoin d'un lien de cause à effet. 

2. la loi de l'exercice : plus un sujet se comporte d'une certaine façon dans une situation donnée, plus l'association entre cette situation et ce comportement sera renforcée.

- les sciences cognitives décrivent, expliquent et même simulent les mécanismes de la pensée (humaine, animale et artificielle). Elles étudient donc la perception, l'intelligence, le langage, le calcul, le raisonnement et la conscience.

B) Les TCC ont des techniques spécifiques qui définissent les stratégies thérapeutiques et le style relationnel. 

Les séances en TCC

Les séances sont dynamiques. Le patient et le thérapeute ont chacun leur rôle et la thérapie obéit à une méthodologie définie. 

Le patient est l'expert de sa problématique. Il joue donc un rôle actif pendant la thérapie en déterminant ses objectifs de changement et les solutions qu'il peut apporter. Entre les séances, le patient s'exerce afin de pouvoir faire des ajustements à la séance suivante. 

Le thérapeute est l'expert des techniques. C'est pour cela qu'il fournit des informations (et non des conseils). La méthode utilisée dans les séances est apparentée à celle que l'on appelle "coaching" puisque le thérapeute instaure un dialogue socratique. Le but étant alors de mettre en avant les contradictions pour mener le patient aux pensées inconscientes. Le thérapeute renforce les situations positives et encourage le moindre pas. 

La thérapie est basée sur des paramètres comportementaux, cognitifs, émotionnels et envrironnementaux. Même si on se situe dans l'ici et le maintenant, le patient inscrit sa souffrance dans son histoire. Chaque séance se termine par de tâches à effectuer qui doivent être des expériences de changement pour le patient. 

L'alliance thérapeutique est une colloboration interactive entre le patient et le thérapeute. 

Les différentes techniques en TCC 

1. L'exposition 

Le fondement théorique de cette technique est celui des théories de l'apprentissage et en particulier du concept de l'acquisition et du concept de l'habituation. Le principe de cette technique, issue des travaux de la psychologie expérimentale,  est de se confronter, selon certaines règles, aux stimuli anxiogènes pour diminuer la réponse anxieuse associée. Il s'agit d'utiliser un mécanisme d'habituation qui se fait progressivement et de manière répétée.

Je n'utilise jamais de technique in vivo, mais, dans le cas de certains troubles particuliers, j'utilise une exposition en imagination. 

2. La restructuration cognitive

Il s'agit de travailler sur le traitement sélectif de l'information. Il s'agit de restructurer et de corriger les pensées dysfonctionnelles. On s'intéresse à l'identification puis la modification des trois variables cognitives (les pensées, les distorsions, les schémas). 

En utilisant cette technique, le patient prend conscience de son discours intérieur et de la réaction circulaire entre la situation, les émotions, les pensées, les croyances et le comportement. 

En face d'une situation, nous sommes surtout conscients de la situation et notre comportement et inconscient de nos pensées et des émotions que celles ci provoquent. Il est nécessaire alors de prendre conscience de nos cognitions et de nos émotions qui s'intercalent entre la situation et le comportement. Une fois cette prise de conscience établie, une fois que l'on comprend nos biais de pensées, de nos jugements arbitraires, nous pouvons diminuer la souffrance émotionnelle pour agir sur nos comportements et les décider en toute conscience. 

Imaginons quelqu'un qui systématiquement fait échhouer toutes ses tentatives de séduction. Cette personne ne parvient pas à se comporter de manière rassurante vis à vis de la personne qui lui plait et fait fuir l'autre. En découvrant qu'avant même d'aborder la personne qui lui plait, il pense "je suis nul, inintéressant", il découvre du même coup son émotion de tristesse attachée à toute situation de séduction. En restructurant ce schéma cognitif inadapté, il modifie son jugement sur lui, modifie l'émotion qui en découle et modifie son comportement en l'adaptant au résultat recherché et non plus au jugement négatif sur lui. 

3. L'affirmation de soi 

Dans de nombreux cas de malaises, les comportements relationnels sont perturbés. Le travail sur l'affirmation de soi permet de réduire les comportements passifs ou agressifs liés à des émotions négatives comme la peur ou la tristesse. 

Généralement, les TCC travaillent alors sur des situations précises et mettent en place des jeu de rôle pour permettre à la personne d'entrer en contact avec des inconnus, de pouvoir dire non quand on le pense, d'apprendre à donner ou à recevoir, de répondre aux critiques et aux compliments... de mener efficacement une conversation. 

4. Les relaxations comportementales 

Etats-de-conscience.jpg

Il y a plusieurs catégories de relaxations. 

a) La relaxation comportementale 

Très utilisée dans les états de stress ou d'anxiété, la relaxation permet d'agir sur la réponse physiologique en diminuant l'activité du système sympathique.

A côté de la relaxation simple qui agit sur la détente des muscles et sur le contrôle de la respiration, il y a deux grandes autres techniques plus complexes : 

- le training autogene, du docteur Schultz : Composée de deux cycles, la méthode permet de parvenir à la détente et d'accéder à une déconnexion générale de tout l'organisme. 

- la relaxation musculaire progressive du docteur Edmund Jacobson : cette méthode permet d'obtenir le calme au niveau psychique. 

b) la relaxation par modification des états de conscience

Il faut distinguer les niveaux de vigilance et les états de conscience. Les niveaux de vigilance sont observables et mesurables. La conscience relève de l'expérience subjective des états. 

Par la relaxation, il y a modification volontaire de la conscience vigile. 

Modifier ses états de conscience permet en psychothérapie de mieux gérer ses réactions émotionnelles. Plusieurs techniques permettent de modifier ses états de conscience. Parmi les techniques vérifiées scientifiquement, on trouve essentiellement : 

- l'isolement sensorielle c'est à dire le retrait des sens, la coupure du monde extérieur ou l'intériorisation. Cela permet d'atteindre les états dits supérieurs de la conscience. 

- l'immobilité et la relaxation

- la répétition verbale ou mantra

Cette technique a effet puissant sur le processus de production d'idées obsessives. 

- le mandala

C'est un dessin centré qui se déploie autour d'un cercle. Expérimentée et recommandée par Jung, la technique permet la reconstruction de la personnalité. 

- la visualisation d'images mentales 

Cette technique remporte un très vif succès aux USA. On l'appelle aussi : pensée positive, imagination active, programmation mentale. 

Les résultats des TCC 

Les TCC sont utilisées pour de nombreux troubles. Pour un même trouble, on peut utiliser une ou plusieurs techniques décrites plus haut ou parfois même, les associer à d'autres approches psychothérapiques ( EMDR) ou médicamenteuses.

Exemple :

Dépression ; utilisation de la thérapie cognitive. 

TOC : technique d'exposition et restructuration cognitive

Phobies ; utilisation de la relaxation, technique d'exposition et restructuration cognitive

Trouble anxieux :  technique d'exposition, restructuration cognitive. 

Dans de nombreux cas évalués à moyen et long terme, les TCC ont prouvé leur efficacité. Elles ont été largement étudiées dans les troubles anxieux, le stress post traumatique et les phobies. 

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Mary Gohin - dans Cognitions
6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 13:56

Quand on parle d'addiction, on pense essentiellement à la toxicomanie, à l'alcoolisme ou tabagisme. Pourtant, ces dernières années, les scientifiques ont étudié ce que l'on nomme : la dépendance comportementale en lui définissant des caractéristiques comparables aux problèmes de dépendance à la drogue, à l'alcool ou au tabac. 

Ce qui est commun est

- le désir irrépressible de s'engager dans un comportement ou une action particulière,

- le manque de contrôle sur ces comportements ou ces actions

- et les conséquences négatives qui s'ensuivent.  

dopamine.jpg

Les plus courants de ces comportements sont la dépendance au jeu, la dépendance au sexe (ou au porno), la dépendance aux achats et la dépendance au sport. 

Dans les dépendances comportementales, il ne s'agit bien sur pas de substances qui rendent accro, mais de processus dans lequel entre la personne. 

Un processus est une suite d'actions enclenchées par la première action. Comme par exemple, démarrer une voiture. 

On parle de similitude parce que ces comportements altèrent l'humeur ou l'état émotionnel en créant un sentiment d'euphorie, malgré les conséquences négatives qui en résultent.

Définir la dépendance

Les symptômes varient d'une dépendance à l'autre, mais elles ont toutes en commun deux aspects : 

1. Le comportement est inadapté à la vie de la personne et il est même contre-productif. 

Jugé la première fois comme pouvant être réellement une amélioration de la vie, le comportement tend très vite à saper les capacités de la personne et à la noyer dans les problèmes qu'elle voulait éviter. 

Par exemple, un joueur peut s'engager dans des jeux en ligne pour suppléer à ses problèmes d'argent, en sachant qu'il a plus de chance d'agrandir son débit que de le supprimer. Un dépendant au sexe peut s'engager dans l'action dans l'espoir d'avoir plus d'intimité, même s'il sait que son comportement va plus faire fuir qu'attirer. 

Chaque addict s'engage dans le comportement pour une raison qui lui est propre et qui est parfois basée sur des croyances bloquantes. 

2. Le comportement est persistant 

Malgré les conséquences négatives, malgré les ennuis qui s'ensuivent, la personne poursuit son comportement. Le comportement persiste donc et devient même parfos de plus en plus fréquent et de plus chronophage. 

Portraits d'addicts

Nous sommes tous semblables et tous différents. Ainsi, un addict ressentira les mêmes émotions qu'un autre, mais son histoire sera différente d'un autre. Les étapes pour gérer et supprimer le comportement seront identiques, mais la durée de chaque étape sera différente d'un individu à l'autre. 

Tout d'abord on peut déjà différencier  

- Les addicts qui ne veulent pas savoir qu'ils sont en dépendance.

Ils entrent dans le déni des aspects négatifs, mettant aux oubliettes les effets de leurs comportements sur leur vie quotidienne et leurs relations. C'est parfois quand la conséquence est devenue très grave (départ du partenaire, perte d'emploi) qu'ils admettent leur comportement obsessionnel.     

- Les addicts parfaitement conscients du côté néfaste de leur comportement

Ils savent ce qu'ils font et savent que ce qu'ils font a des conséquences qui ne font qu'aggraver leur vie quotidienne, mais ils continuent à avoir le comportement. La volonté n'est pas suffisante pour gérer le comportement (avant de le supprimer). Etre conscient des conséquences néfastes est la première étape de la gestion du comportement et donc de la suppression des effets négatifs. 

Ces deux portraits ont grosso modo en commun certaines caractéristiques 

- La personne addict est déconcertante

La personne addict utilise beaucoup d'énergie à oublier son comportement ou passe beaucoup de temps à y penser. C'est très énergivore. Elle tente de contrôler son comportement mais ne contrôle pas ce qu'elle pourrait contrôler. Elle entre souvent alors en plein paradoxe. Paradoxe de confiance (ne pas avoir confiance en soi mais trop en l'autre ou inversement), paradoxe d'accompagnement (demander du soutien en refusant l'efficacité de l'aide). 

- La personne addict couvre sa dépendance

Souvent à cause du sentiment de culpabilité et de honte, l'addict va mentir et manipuler et renvoyer sur l'autre ces sentiments négatifs impossibles à gérer. 

- La personne addict nie toute responsabilité

La cause de son addiction la rend victime du passé et du présent. Le comportement est alors comme un bébé qu'on ne peut pas abandonner sans avoir l'impression de s'abandonner soi même. Une victime ne peut pas être responsable. 

- La personne addict dénigre toute aide possible

La personne se sent complètement impuissante, désespérée et malheureuse. Elle entre souvent dans des émotions de peur incontrôlables. Or,ces peurs paralysent et la personne entre dans l'immobilisme.

 

 

Dans le prochain article, j'évoquerai les étapes de la gestion des comportements dépendants via la thérapie cognitive émotionnelle. 

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Mary Gohin - dans Cognitions
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:34

Les pensées intrusives ou obsessionnelles sont des symptômes majeurs d'un trouble anxieux. Quand elles sont suivies de compulsions, elles font partie du trouble obsessionnel compulsif, mais quand elles n'impliquent pas de contraintes, elles sont juste des pensées qui peuvent provoquer une anxiété très dérangeante. 

Ainsi, je ne parlerai pas des pensées qui appartiennent au trouble obsessionnel compulsif (TOC), mais des pensées qui encombrent tout l'esprit sans impliquer de comportement particulier.  Ces épisodes de pensées intrusives peuvent survenir chez tout un chacun sans que nous puissions nous définir comme assujetti à un TOC. 

Définition des pensées intrusives ou obsessionnelles

Les pensées intrusives sont des pensées involontaires sous forme d'images ou d'idées désagréables qui peuvent devenir obsessionnelles quand elles occupent tout l'esprit en tournant en boucle, sans que l'on parvienne à les gérer et encore moins à les supprimer.  

Ces pensées deviennent des ruminations et provoquent la culpabilité et la honte. 

Ces pensées peuvent concerner 

- le passé : ce que l'on aurait du faire à la place de ce que l'on a fait ("j'aurais du lui dire qu'il m'embêtait") ou ce que l'on a fait alors que l'on n'aurait pas du le faire ("je n'aurais pas du le rudoyer comme ça"). 

- le présent : une envie soudaine de faire quelque chose qui ne doit pas se faire et que l'on sait que l'on ne fera jamais (envie de crier, envie de blesser...) ou des idées fixes qui n'ont rien à voir avec ce que l'on vit 

- le futur : une projection sur un événement futur qui provoque une peur envahissante 

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Voici trois règles importantes  

1.  Tout le monde a des pensées intrusives

Nous avons tous une imagination et nous avons tous des pensées intrusives. Simplement, chez certaines personnes ces pensées vont tourner en boucle et ne vont plus être gérables. 

2. Les pensées ne sont pas la réalité, mais juste des pensées

Essayez de penser le plus fortement possible à un énorme sac de pièces d'or. Vous aurez beau y penser de toute votre force, jamais vous ne parviendrez à le matérialiser ! 

Une pensée n'est qu'une pensée. Et même le fait de se penser stupide ou incapable n'est qu'une pensée. 

3. Vouloir les supprimer ne fera que les renforcer. 

Effectivement, plus on tente de bloquer sa pensée, et plus elle revient. 

À ce propos, voici deux exemples narratifs.

Le premier est raconté par Tolstoï. Quand il était enfant, son frère pour l'ennuyer lui demandait sans cesse de rester debout dans un coin en lui demandant de ne pas penser à un ours blanc. Bien sur, bien qu'il n'y ait aucune raison de penser à un ours blanc, le petit Léon ne pouvait plus penser à autre chose qu'à un ours blanc. 

Le second appartient aux contes la rue Moufetard, merveilleux livre pour enfant de Pierre Gripari. Dans "La sorcière du placard aux balais", le héros achète une maison pour 1F. Cette belle maison n'a qu'un défaut : il ne faut pas prononcer "sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière !" Phrase évidemment ridicule à penser et à dire, qui va hanter le héros jusqu'au jour où il ne pourra plus s'empêcher de la dire en entier. 

Les pensées réprimées ne peuvent qu'être renforcées, c'est à dire que plus on tente de les oublier et plus elles ont de présence. 

Conseils pour gérer les pensées intrusives ou obsessionnelles

1. La visualisation 

Prenez quelques minutes de votre temps pour vous installer confortablement afin de visualiser vos pensées négatives et effrayantes. Vous les regarder en allant au bout de l'idée, sans utiliser la rationalité, juste en les regardant comme des faits. Puis, en utilisant soit l'humour, soit la minimisation de la peur qu'elles provoquent, vous vous fabriquez une image qui soit moins troublante, moins angoissante, moins pénible dont vous vous servirez ensuite quand la pensée initiale intrusive et obsessionnelle reviendra. 

Une de mes patientes a eu ainsi l'idée de porter un bracelet pour symboliser sa pensée obsessionnelle. Quand la pensée arrivait, elle regardait son bracelet en l'admirant pour l'esthétique qu'il avait. C'était un beau bracelet qui lui plaisait beaucoup. Puis, elle a supprimé le bracelet certains jours de la semaine, en s'autorisant à penser à ses pensées les jours où elle le portait. Elle a peu à peu remarqué que les jours sans bracelet, sa pensée n'existait plus. 

C'est à chacun de trouver ce qui lui ira le mieux. 

2. Le monologue intérieur positif

Il faut être gentil avec soi et ne pas se juger. Être gentil avec soi, c'est aussi se rassurer. Avoir des pensées n'est pas grave, c'est même tout à fait normal et sensé. Il faut juste les accepter en tant que pensées et rien de plus. Aucune pensée ne peut vous faire mal, aucune ne va vous obliger à faire ce que vous ne voulez pas faire. 

Le plus important est de faire chuter cet état d'anxiété qui accompagne les pensées intrusives. 

3. Réduire le bavardage

Ces pensées ne sont que du bavardage et vous pouvez le réduire en acceptant simplement qu'elles soient là. Il ne fait pas leur donner d'importance, plus d'importance que ce que les pensées peuvent en avoir. Moins elles auront d'importance et plus elles s'effaceront. 

Conclusion 

Tout ça n'est pas facile à faire. Il faut en plus d'être gentil avec soi, être patient et se faire confiance. Mais surtout, ce qui est le plus important est de chasser la honte et la culpabilité qui accompagnent ces pensées. C'est un vrai travail sur soi. 

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Mary Gohin - dans Cognitions
11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 11:40

Le traitement TCC des obsessions

En thérapie cognitivo-comportementale pour les TOC, le principe le plus largement accepté est basé sur les tentatives d'augmenter l'intensité des pensées afin de réduire la fréquence et la souffrance des pensées obsédantes. C'est donc, depuis de nombreuses années, le traintement des obsessions par l'exposition. 

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Ainsi, les patients souffrants de TOC, ont été amenés à penser ou à écrire tout ce qui concernait leurs obsessions. Certains ont été incité à enregistrer leurs obsessions de façon qu'ils puissent ré écouter en boucle, leur propre voix répétant sans cesse leurs pensées obsessionnelles. Cet exercice permettait, par ce comportement intentionnel, de diminuer les pensées obsédantes. 

Mais ce n'est pas tant le comportement d'exposition qui amène les patients à réduire, voire supprimer leurs pensées que la restructuration cognitive à proprement parlé. En fait, on s'est aperçu que les patients modifient les appréciations négatives de leurs pensées obsessionnelles. L'essentiel étant de parvenir au non-jugement de ce qui est pensé. 

Le traitement TCC des compulsions

Dans le traitement TCC, on utilise largement l'exposition et la prévention de la réponse à l'exposition pour réduire ou annuler les pensées obsédantes. On réduit ainsi l'anxiété causée par la peur obsessionnelle. Par exemple, la peur de la contamination génère une anxiété incontrôlable et le lavage des mains réduit un temps l'anxiété. Mais comme la réponse à l'anxiété (c'est à dire le comportement compulsif) réduit l'anxiété, c'est la réponse elle même qui renforce le besoin incontrôlable du lavage des mains et donc augmente le comportement compulsif.

Il est nécessaire de travailler sur le comportement compulsif pour qu'il ne devienne plus le comportement qui renforce la réduction de l'anxiété. Le traitement consiste alors à perturber le comportement compulsif en encourageant le patient à modifier son rituel compulsif. Comme ces personnes ne parviennent pas à arrêter complètement leur comportement, on leur demande un changement dans ce comportement. 

André est une personne qui ne parvient pas à quitter son domicile sans vérifier compulsivement son four une dizaine de fois pour s'assurer que le gaz est éteint. Le traitement comportemental serait de lui demander de changer ce rituel peut être pour lui demander de vérifier son four 5 fois seulement.

On peut aussi demander au patient de retarder le comportement afin de peu à peu diminuer l'anxiété, diminution qui réduit le besoin d'effectuer la contrainte. 

L'intervention de la théorie cognitive pour les obsessions

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Le traitement cognitif des pensées obsédantes part du postulat que ce qui est dérangeant pour les patients souffrants de telles pensées est non pas les pensées en elles-mêmes, mais l'appréciation négative qu'ils émettent sur ces pensées. 

La très grande majorité des individus ont des pensées intrusives négatives, parfois basées sur la violence, le danger ou la sexualité. Mais les patients TOC évaluent ces pensées. Ils les jugent. Les pensées deviennent alors non plus passagères, mais régulières et obsédantes. Ces individus pensent alors qu'ils sont "anormaux", "immoraux", "idiots"... 

L'élément clé du traitement consiste alors à amener ces individus à modifier leurs appréciations négatives. Il faut parvenir à leur montrer que ces pensées obsessionelles sont simplement des pensées intrusives négatives et qu'il est inutile de tenter de les contrôler. Il faut alors les observer le plus objectivement possible et se demander si elles sont vraies ou fausses, dans quelles mesures elles sont vraies ou fausses. La plupart du temps, les patients admettent rapidement qu'elles n'ont pas de fondement ancré dans leurs expériences, mais des fondements ancrés dans leurs croyances. 

En effet, le patient qui a des pensées obsésionnelles a des croyances sur lui même concernant une hyper responsabilité, une intolérance à l'incertitude, une recherche de perfection, une intolérance à l'anxiété et une évaluation du danger irraisonnée. Après avoir recherché les croyances personnelles du patient, on peut lui poser une série de questions qui doit lui permettre d'admettre le caractère irraisonnable de ses croyances. 

L'étape suivante consiste alors à juxtaposer à la croyance sans fondement dans l'expérience du patient, une croyance avec un fondement sur son expérience. Autrement dit, on remplace la croyance générale par une croyance spécifique qui a des preuves objectives. 

Ensuite, avec le patient, on étudie les pensées qui découlent des croyances générales et qui génèrent les pensées obsédantes. Ces pensées, que Beck appelle des pensées automatiques, sont celles qui permettent l'interprétation de la situation et provoquent les pensées obsédantes, comme seules réponses possibles à l'anxiété provoquée par la situation. Ces pensées obsédantes, au lieu de les appeler intrusives, on peut les appeler "stupides" puisqu'elles n'ont aucun fondement raisonnable. 

C'est tout ce travail cognitif que je mène avec les personnes qui viennent me consulter pour des pensées obsésionnelles. C'est un travail qui demande un effort centré sur soi afin d'amener à la conscience des pensées qui sont inconscientes à cause de leur rapidité et de leur automatisme. 

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Mary Gohin - dans Cognitions
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:55

Dans un permier article sur les distorsions cognitives, j'ai abordé le premier groupe des distorsions cognitives que nous avons vis à vis de la réalité et qui fait que nous donnons aux autres, matière à penser que nous sommes ce que nous pensons être. Ces premières distorsions étaient regroupées dans la surgénéralisation. 

Puis dans un second article, j'ai abordé le second groupe, celui qui nous amène à sauter aux conclusions sans examiner le cheminement. 

Dans cet article, j'aborde le troisième et dernier groupe des distorsions, celui des distorsions basées sur un raisonnement émotionnel. 

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Le raisonnement émotionnel

Rappelons que les distorsions sont basées sur des pensées automatiques, des pensées dont nous n'avons pas conscience mais qui font partie de notre fonctionnement cognitif et qui sont le reflet de ce que nous pensons de nous, à un moment donné, dans une situation donnée.

Ces pensées automatiques peuvent devenir conscientes assez facilement pour peu que l'on prenne le temps et le désir de les examiner. Ce sont souvent des jugements négatifs que nous portons sur nous mêmes et qui n'ont très souvent aucun appui raisonnable. Cela peut être : "je suis nul", "je suis ne suis pas capable de..." "je suis un imposteur". 

Quand elles arrivent à notre conscience, nous pouvons travailler sur leur fondement et les remplacer par des pensées rationnelles, c'est à dire des pensées qui contredisent les pensées automatiques, mais qui sont basées sur une objectivité de ce que l'on a déjà réalisé. Les pensées automatiques sont fausses, les pensées rationnelles sont vraies. Les pensées automatiques engendrent une émotion. Les pensées rationnelles engendrent un sentiment sur des faits. 

Mais ce travail n'est pas suffisant parce que les pensées automatiques ont engendré une émotion et que c'est cette émotion qui nous fait interpréter la situation. Si bien que si, nous nous contentons de remplacer les pensées automatiques par des pensées rationnelles sans intervenir, sans reconnaitre et gérer les émotions qui sont engendrées par les pensées automatiques, le raisonnement n'est pas rationnel, mais émotif et dans ce raisonnement émotif, on continue à tenir pour acquis la pensée automatique qui cause l'émotion négative. Notre raisonnement est basé alors sur l'émotion négative. 

Or, le raisonnement émotif a la particularité d'amplifier les effets des distorsions cognitives parce qu'il nous apporte la preuve que nous avons raison de penser ce que nous sommes. 

Imaginons une situation qui vous stresse, vous rend nerveux et anxieux. Vous pouvez avoir comme pensée automatique : "je ne réussis jamais". Vous reconnaissez l'émotion de peur qu'engendre cette pensée et vous poursuivez votre raisonnement sur la base de cette émotion. "Je suis nerveux et j'ai peur d'échouer. C'est donc la preuve que j'ai raison de penser que je vais échouer parce que sinon je n'aurais pas peur." Vous pensez que la peur est la raison de votre pensée automatique. Et bien sûr, vous allez échouer pour prouver que vous aviez raison de penser que vous alliez échouer. C'est aussi bien sur, non pas parce que vous vous direz "je dois réussir, il faut que je réussisse" que vous réussirez, mais parce que vous chercherez dans votre expérience des raisons de votre réussite que vous réussirez. "Je me suis bien préparée" est la pensée rationnelle qui devrait par exemple remplacer la pensée automatique. 

Revenons sur la pensée émotionnelle qui vous a fait raisonner dans le sens de la preuve de votre futur échec. Sans avoir réfléchi sur la peur elle même, vous avez pris la peur dans sa globalité : la peur de la situation. Mais souvent, en cherchant le fondement de cette peur, vous trouvez que la peur est beaucoup plus ciblée, beaucoup plus précise. La peur de ne pas être compris par exemple. Quand la preuve n'est plus fondée sur l'émotion, la preuve devient un fait et les faits peuvent être raisonnés. 

L'émotion nous trompe car elle nous embarque dans l'interprétation de la situation par rapport à elle. 

Il y a deux types spécifiques de raisonnement émotionnel. 

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1. Je dois tout faire moi même

En anglais, Albert Ellis appelle cette distorsion le "musterbating" et Clayton Barbeau le "shoulding yourself". 

La pensée automatique de cette distorsion est celle de vous dire que vous devez faire quelque chose de différent de ce que vous êtes en train de faire parce que vous devez le faire. Il faut évidemment la différencier des obligations qui nous contraignent à faire ce que nous devons faire et non pas forcément ce que nous voulons faire. Là ce sont des conclusions rationnelles. 

Pour différencier la pensée automatique de la pensée rationnelle, le plus facile est de se demander pourquoi on doit faire ce que l'on se sent obligés de faire. 

"Je dois lui parler" peut être une pensée automatique. Mais si" je dois lui parler sinon il ne sait pas ce que je pense", alors cette pensée est une déclaration sur des faits et n'est pas ce que l'on appelle une pensée automatique engendrant une émotion négative. 

Les "je dois, je devrais, il faut que..." sont des pensées automatiques si le résultat est la procrastination. Si chaque fois que je pense que je dois lui parler et que, ne le faisant pas, je me sens coupable et déprimé, je vais faire tout pour penser à autre chose, et surtout éviter de faire ce que je pense devoir faire. 

Si on examine la pensée dans sa totalité, cela pourrait donner : "Je dois lui parler et il va penser que je suis encore inquisitrice et que je le bloque." Plus la pensée est "je dois" et moins on le fera. On n'a pas envie de faire ce que nous pensons devoir faire ce qui nous fait mal et nous renvoie une pensée négative sur nous mêmes. 

Quand nous étions enfants, il était nécessaire de nous dire : "tu dois" pour nous dire de faire ce que nous devions faire et que nous n'avions pas envie de faire. Devenus adultes, nous avons le choix de faire ou de ne pas faire. Mais quelque soit le choix, nous devons assumer. 

Une façon de casser cette emprise du "je dois faire" est celle de poursuivre cette pensée automatique en ajoutant à "je dois" le "je choisis de..." On ne remplace par "je dois" par "je choisis", mais ajoute bien "je dois" à "je choisis". Ainsi vous avez le choix de dire "Je dois le faire et je choisis de le faire" ou "Je dois le faire et je choisis de ne pas le faire". Rapidement, vous vous apercevrez que si vous optez pour "Je dois le faire et je choisis de ne pas le faire", vous ne croyez pas vraiment que vous devez le faire. 

Un "je dois" mène à la culpabilité. Un "je choisis de" mène à la responsabilité. 

2. La personnalisation ou le blâme

Cette distorsion cognitive est à placer aux deux extrêmités du sentiment qui suit une situation négative. C'est la façon dont nous avons l'habitude d'interpréter les causes des situations. 

Le style d'explication peut être tourné vers la personnalisation ou vers le blâme. Dans le premier cas, on pense que les causes sont internes, tout est de notre faute. Dans le second cas, on pense que les causes sont externes, tout est de la faute des autres. 

Prenons l'exemple d'une femme qui face à l'infidélité de son conjoint pense que son mari la trompe parce qu'elle ne lui apporte pas tout ce qu'il désire. Elle personnalise ce qui arrive, c'est à dire qu'elle se rend entièrement responsable et croit que la situation est uniquement contrôlée par elle. La pensée automatique dans ce cas là est basée sur une mauvaise estime de soi, du genre "je suis stupide" "je ne vaux rien". 

Mais si à l'inverse, elle pense que son mari la trompe parce qu'il est inconséquent, elle rejette toute la situation sur son conjoint, le blâme et ne prend aucune part à la situation. 

Il faut en examinant les causes, un juste équilibre entre l'interne et l'externe, entre l'optimisme et le pessimiste. L'optimisme est nécessaire pour avancer, le pessimisme est utilie pour planifier les conséquences. Et c'est le niveau de l'estime de soi qui donne l'équilibre en ajustant les pensées sur les faits et non sur les émotions. 

Voir aussi : 

- La surgénéralisaiton 

- Sauter aux conclusions

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Mary Gohin - dans Cognitions
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 11:13

Dans mon article précédent (Les distorsions cognitives : nous sommes ce que nous pensons), j'ai parlé du premier groupe de distorsions qui nous subjectivent les situations et font que, parfois, nous avons une opinion négative de nous qui nous entraine à nous comporter de façon à valider cette pensée négative. 

J'ai dit que l'on répartissait généralement ces distorsions en 3 groupes et j'ai explicité le premier groupe : la surgénéralisation.

Je vais donc évoquer ici le second groupe : la conclusion hâtive avant de voir dans un autre article le troisième : le raisonnement irrationnel.

La conclusion hâtive

Cette distorsion cognitive consiste à aller au-delà des preuves pour parvenir à une conclusion qui montre les situations encore plus négatives qu'elles ne le sont. 

On voit trois formes de conclusion hâtive, qui, toutes, peuvent mener au phénomène de prophétie auto-réalisatrice.

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1. l'étiquetage 

Cette distorsion nous entraine à appliquer un terme négatif à une situation ou à une personne. C'est une forme de généralisation excessive qui nous permet de catégoriser les gens. Cet étiquetage peut s'appliquer à soi-même, quand nous généralisons un trait que nous pensons avoir. 

Paul est un commercial qui a de bonnes compétences reconnues en prospection, suivi de clientèle, argumentation et organisation. Mais il répète souvent : "Je ne suis pas bon dans le domaine technique". Si je lui demande d'expliquer ce qui lui faire dire ce jugement de lui, Paul me dit tout de suite : "On me l'a toujours dit". D'une mauvaise expérience passée basée sur un conflit entre un technicien et lui, il y a plusieurs années, il s'est forgé une étiquette, qui finit par le rendre mal à l'aise dans son travail. Cet auto-étiquetage est maintenant un jugement négatif sur lui qui vient s'intercaler entre la réalité et l'émotion pour devenir une pensée négative. Si je tente de faire expliciter à Paul ce sentiment d'incompétence qu'il pense avoir, il ne parvient pas à trouver de bons exemples valides, ni à déterminer en quoi il se juge incompétent dans le domaine technique. Le "on me l'a dit" justifie l'étiquette qu'il se donne et donne aux autres. 

Les étiquettes négatives que nous nous appliquons sont très souvent vagues voire ambigues. C'est une vérité qui n'a pas de fondement. En cherchant des preuves, on s'aperçoit vite qu'il n'y a pas de véritable raison. 

2. la lecture de l'esprit

C'est le fait de supposer que les autres pensent immédiatement à vous comme quelqu'un de négatif ou faisant des choses négatives. Dans cette distorsion, on utilise un filtre mental qui va éliminer tous les signes positifs lancés par les autres et ne s'attarder que sur les signes négatifs. 

Par exemple, je peux imaginer que ce que j'écris est inutile car on trouve les mêmes notions ailleurs et que personne ne pourrait changer ou modifier ses croyances par la seule lecture de mon article. Mon écriture va alors devenir académique, ennuyeuse et je ne parviendrai pas à argumenter. C'est en plus, dans une certaine mesure, insulter mes lecteurs que penser à leur place et ne pas les croire capables de penser par eux mêmes. La pensée de croire mon article inutile est sans preuve puisque je ne demande pas l'avis de mes lecteurs. Je peux donc rester sur cette seule pensée négative de moi. 

3. la prédiction

Une autre forme de conclusion hâtive est de ne penser les situations futures qu'en envisageant le pire. "Je sais que ça va pas marcher !" 

Cette distorsion est particulièrement dangereuse parce qu'elle peut vraiment devenir une prophétie auto réalisatrice. Si vous pensez que quelque chose que vous entreprenez ne va pas marcher, que vous n'allez pas réussir, alors votre comportement va s'orienter pour ne pas réussir. 

Martine est inscrite sur des sites de rencontres en ligne. Mais elle me dit qu'elle ne va jamais rencontrer un homme qui l'apprécierait et l'aimerait parce qu'elle se trouve trop grosse. En discutant, elle m'avoue qu'elle s'est décrite avec "quelques kilos en trop", sans savoir comment justifier le "en trop" par rapport à une norme. Le "en trop" est par rapport à son idée à elle et non par rapport à ce qui est généralement décrit. Ainsi, elle rencontre des hommes attirés par les femmes avec des kilos en trop qui ne voient pas en elle, ce qu'ils attendent. De ce fait, Martine ne rencontre aucun homme qui lui plait et à qui elle plait et en conclut : "ça ne marchera jamais". 

Voir aussi : 

- La surgénéralisation 

- Le raisonnement émotionnel

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Mary Gohin - dans Cognitions

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Mary Gohin

Psychologue, Hypnothérapeute

 

25 rue du Brûlet, Sainte Foy lès Lyon 69110

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(mardi, mercredi et jeudi)

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