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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 14:19

 

Qu'est ce que la colère ?

La colère est une émotion que tout le monde éprouve à certains moments de notre vie. La colère émotion peut se manifester par divers sentiments : de l'irritation légère à une rage folle en passant par la frustration.

Mais même si la colère est une émotion naturelle, elle a parfois des conséquences qui nous desservent puisqu'elle peut être suivie par des regrets de ce que l'on a dit ou fait. Il est donc nécessaire d'essayer de la comprendre pour pouvoir la traverser sans qu'elle nous dépasse.

Comme toutes les autres émotions, la colère sert un but, celui d'une certaine détresse face à une douleur émotionnelle ressentie. Mais la douleur pour provoquer la colère est généralement associée à des évaluations et des pensées interprétatives.

La colère a toujours une cible, même si nous sommes en colère contre nous mêmes, la cible devient alors nous-mêmes. Autrement dit, une personne, une situation nous inflige une douleur, nous éprouvons de la colère et nous agissons pour nous défendre.

Être en colère plutôt qu'être en douleur offre l'avantage de nous détourner de notre souffrance, parce que la principale caractéristique de la colère est de nous monopoliser complètement, de nous concentrer essentiellement sur une personne ou une situation. Quand nous entrons dans notre colère, nous oublions ce qui a pu la provoquer ; la souffrance, voir d'autres émotions comme la peur ou la tristesse.

La colère nous protège temporairement d'avoir à reconnaitre notre malaise et notre émotion première.

Ensuite, l'avantage de la colère est qu'elle nous procure un sentiment de justice, Cela offre momentanément un coup de pouce à notre estime de nous.

Traverser les émotions

Je préfère pour les émotions, utiliser, depuis que je suis hypnothérapeute, le verbe "traverser" et non plus celui de "gérer". Traverser implique qu'en plus de prendre en compte sa colère (ce que l'on fait quand on gère quelque chose) on va permettre de la ranger à sa place du passé. Dans le fait de traverser, il y a plus que gérer. En traversant la colère je lui permets de faire partie de mon expérience.

Alors comment la traverser ?

Le grand inconvénient de la colère est le regret qui peut suivre. Il est alors préférable de faire au mieux pour ne pas avoir l'expression de la colère : les actes et/ou les mots.

Le mieux alors est de commencer par reconnaitre que l'on est en colère. Facile à dire, plus difficile à faire parfois. Mais c'est vraiment la première chose à faire.

Je suis en colère. Donc ça m'irrite, ça me frustre, ça me met en rage....

Ensuite, nous pouvons nous concentrer sur autre chose : respirer, écouter de la musique, courir, compter.... Comme la colère nous amène à un état de veille extrême, il faut parvenir à le réduire en nous décentrant de l'objet de notre colère.

Une fois le niveau corporel revenu à un état presque "normal", on peut commencer à travailler sur la colère. D'où vient-elle ? Que cache-t-elle ?

Autrement : Qu'est ce qui me fait souffrir ? Est-ce une tristesse ou une peur ?

Une fois ce travail sur soi accompli, on peut s'exprimer et dire ce qui nous a mis en colère. Comme nous ne sommes pas encombrés des actes et des mots de colère, il est fort possible que le conflit se dénoue. La colère passe au passé, la souffrance au présent, mais je m'en occupe.

La colère chronique

Il peut exister des personnes qui sont très souvent en colère, inconsciemment ou consciemment. Ce sont des personnes qui ne résistent pas des impulsions agressives. La violence qui s'ensuit est une réaction excessive, brute et dévastatrice.

Ce trouble a des racines inconscientes et résultent d'une mauvaise gestion à long terme de la colère. La colère existentielle normale se développe insidieusement au fil du temps dans le ressentiment, l'amertume, la haine, la rage destructive. 

Mais le plus souvent une colère chronique provient d'une impossibilité à reconnaître et à aborder consciemment la colère. Ce sont souvent des personnes qui ont appris à réprimer à nier leurs émotions, pensant qu'elles sont négatives.

Mais il n'y a pas d'émotions positives et d'émotions négatives.

La colère, comme je l'ai dit, peut permettre de mettre en avant notre souffrance. Cela nous permet alors d'agir sur ce qui ne va pas.

 

Il ne faut pas hésiter à s'adresser à un thérapeute quand on sent que les émotions nous gênent. La thérapie permettra de faire découvrir ce qui est à l'origine, ce qui se cache derrière. Elle permettra de traverser les émotions, de mettre au passé ce qui est au passé, et d'avancer vers l'avenir en travaillant sur le présent.

La régulation émotionnelle est une composante clé d'une thérapie de la colère. Cette régulation permet de retrouver un contrôle et un équilibre émotionnel, bénéfique pour la santé et le bien-être de l'entourage.

Généralement, j'utilise la thérapie cognitive et l'hypnose pour aider à réguler l'émotion. Mais il peut m'arriver d'utiliser aussi la psychogénéalogie quand la colère est "la patate chaude" qui se donne de génération en génération.

 

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Mary Gohin - dans Émotions
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 14:29

Comment définir le traumatisme ?

La définition du traumatisme émotionnel a radicalement changé au cours de ces dernières années. Jusqu'à récemment, on parlait de traumatisme chez les hommes après les guerres. Puis on a élargit la définition aux femmes et aux enfants victimes de violence.

Aujourd'hui, la définition s'est encore élargie, à cause des recherches en neuro-psychologie.

On peut parler de traumatisme émotionnel aujourd'hui après la survenue d'événements beaucoup courants : un accident de voiture, une rupture de relation, une expérience humiliante, une maladie potentiellement mortelle ou invalidante, une perte d'emploi ....

 

                                         

 

Les événements traumatisants peuvent avoir des répercussions émotionnelles graves sur certaines personnes, même si l'événement n'a pas de conséquences physiques.

En fait, aujourd'hui, peu importe sa source, car ce qui importe est le ressenti subjectif de l'événement. Cependant, le traumatisme a trois éléments communs :

1. l'événement est inattendu

2. la personne n'était pas préparé à le vivre

3. la personne ne pouvait rien faire pour l'empêcher de se produire.

Ce n'est donc pas la cause qui détermine si quelque chose est traumatisant, mais la façon dont la personne va vivre l'événement.

On ne peut pas prévoir comment une personne va réagir à un événement potentiellement traumatisant.

La particularité du traumatisme émotionnel

La conséquence immédiate du traumatisme est la perte du sentiment de sécurité avec la tenace impression d'être impuissant. La personne se sent écrasée par ce qu'elle vient de vivre. 

La personne traumatisée peut avoir soit un sentiment de danger constant, soit une impression d'être déconnectée de tout sans pouvoir faire confiance à quelqu'un.

Il faut distinguer stress et traumatisme. Le stress dérègle notre système nerveux mais pour une période relativement courte. On retrouve assez vite un équilibre. Le traumatisme créé une détresse qui se propage dans toutes les expériences suivantes.

Si on communique notre détresse à quelqu'un qui va réagir de manière adéquate et que nous revenons à un état d'équilibre, nous sommes dans le domaine du stress.

Si nous ne revenons pas à un état d'équilibre et que nous vivons toujours dans un état d'intensité émotionnelle active, nous sommes dans le domaine du traumatisme émotionnel.

Les différences entre les individus

En effet, on se demande toujours pourquoi un événement provoque une réponse émotionnellement traumatique chez une personne et pas chez une autre. On se demande aussi pourquoi le temps pour récupérer d'un traumatisme émotionnel varie d'une personne à l'autre.

Pourquoi certaines personnes rebondissent rapidement alors que d'autres sont dévastées ?

Il n'y a pas raisons objectives, même si un certain nombre de facteurs de risque rendent certaines personnes sensibles aux traumatismes émotionnels et psychologiques.

Une personne sera plus susceptible d'être traumatisée si sa charge se stress est déjà intense ou si elle a déjà subi une série d'événements négatifs.

Une personne sera plus susceptible d'être traumatisée si elle a déjà été traumatisée avant et surtout si ce traumatisme antérieur est survenu dans l'enfance et n'a pas été résolu.

N'importe qui peut devenir émotionnellement traumatisé. Ce n'est pas une question de force ou de faiblesse. Il faut juste prendre les symptômes au sérieux et ne pas hésiter à prendre des mesures pour guérir, tout comme on prend des mesures pour guérir d'une maladie physique.

Les symptômes du traumatisme émotionnel

Ces symptômes sont des réponses normales au traumatisme, cet événement anormal. Parfois ils peuvent être retardés pendant des mois, voire des années après l'événement. Il arrive aussi que certaines personnes ne relient pas leurs symptômes avec un traumatisme.

Les symptômes physiques de traumatisme 

- l'insomnie ou les cauchemars, 

- la fatigue

- la difficulté à se concentrer

- l'agitation ou la nervosité,

- des maux divers ou des douleurs

Les symptômes émotionnels et psychologiques du traumatisme

- le déni ou l'incrédulité

- la colère, les sautes d'humeur,

- la culpabilité, la honte

- le sentiment de tristesse ou de désespoir,

- l'anxiété ou la peur

Ces symptômes durent généralement quelques mois et s'atténue au fur et à mesure que vous traitez le traumatisme. Mais, même ensuite, quand on se sent mieux, on peut être troublé de temps à autre par des souvenirs douloureux ou des émotions fortes, surtout en réponse à des déclencheurs tels que l'anniversaire de l'événement, une image ou un son, une situation qui rappelle l'expérience traumatisante.

Quand faut il chercher de l'aide auprès d'un professionnel ?

Récupérer après un traumatisme prend du temps et tout le monde guérit à son propre rythme. Mais si les mois passent sans que les symptômes diminuent, vous pourriez avoir besoin d'un professionnel.

Voici les principales raisons d'une demande d'aide (même sans traumatisme d'ailleurs)

- Une difficulté à vivre à la maison et au travail

- Des anxiétés prolongées

- Une attitude qui vous pousse à éviter les situations qui vous rappellent le traumatisme

- Un engourdissement émotionnel

- Une incapacité à former des relations satisfaisantes

Le traitement du traumatisme émotionnel et psychologique

Il faut prendre conscience que ce traitement, ce travail sur vous va impliquer de revivre des souvenirs même insupportables de façon à éviter qu'ils reviennent encore et encore, spontanément et de façon incontrôlable.

Il est évident qu'un tel travail, comme dans la plupart des thérapies, va vous prendre une grande énergie, source de fatigue même physique.

Mais en contrepartie, vous allez également apprendre à gérer vos émotions fortes du passé, du présent et du futur. Vous allez également construire ou reconstruire votre capacité à faire confiance aux autres.

Le traumatisme perturbe l'équilibre et le système nerveux se coince dans le surmenage. Le traitement du traumatisme doit corriger ce déséquilibre et rétablir votre sentiment de sécurité.

Voici deux grandes thérapies qui sont utilisées dans le traitement des traumatismes émotionnels et psychologiques :

La thérapie cognitive et comportementale

Elle aide à traiter et évaluer vos pensées et vos sentiments à propos du traumatisme

l'EMDR (la désensibilisation des mouvements oculaire et retraitement)

Elle incorpore des éléments de la thérapie cognitive et comportementale avec les mouvements oculaires ou d'autres formes de stimulation rythmique.

Conseils de rétablissement après un traumatisme émotionnel et psychologique

La récupération prend du temps. Il faut donc être patient en vous laissant ressentir ce que vous sentez sans jugement, sans culpabilité et sans honte.

1. Ne pas s'isoler

Il est nécessaire de maintenir vos relations pour pouvoir parler de vos sentiments.

Tentez de faire des choses qui n'ont rien à voir avec l'expérience traumatisante.

2. S'ancrer dans le présent

Soyez attentif à votre emploi du temps pour maintenir un équilibre entre les tâches ingrates et les tâches plaisantes.

Installez des objectifs réalisables et prenant plaisir à la réalisation de ce que vous entreprenez.

Reconnaissez vos émotions et vos sentiments pour les accepter.

3. Prendre soin de soi

Essayez de viser 7 à 9 heures de sommeil par nuit.

Faites de l'exercice régulièrement

Équilibrer votre alimentation

Conseils pour aider une personne face à un traumatisme émotionnel et psychologique

On a toujours du mal à aider ceux que l'on aime quand l'autre traverse une épreuve qui n'est pas la notre.

Le meilleur moyen est de demander à la personne la façon dont elle voudrait être aidée.. Certaines personnes aiment les conseils, d'autres juste une écoute active. Mais quand on a subi un traumatisme, on ne parvient pas toujours à vraiment réfléchir à ce que l'on aimerait.

Aussi, voici des conseils,sachant que votre soutien peut être un facteur crucial dans le rétablissement et le recouvrement de l'équilibre :

- Soyez patient et compréhensif.

Ne jugez pas la réaction de l'autre et n'allez pas contre ses réponses. Acceptez que l'autre soit différent de vous et ne semble pas gérer comme vous vous pouvez penser que vous géreriez si vous étiez à sa place.

- Offrez un soutien pratique

Aidez l'autre à maintenir une vie régulière, routinière et "normale". Cela peut être l'aider à faire le ménage comme s'asseoir sur le canapé pour parler.

- Soyez disponible et non demandeur

La plupart des traumatisés ont beaucoup de difficulté à parler de leur traumatisme. Il ne faut donc pas les inciter à en parler, mais rester à l'écoute s'ils le veulent.

- Soyez attentif aux sources de plaisir ordinaire

Encouragez l'autre à pratiquer un sport, à voir ses amis, à poursuivre ses loisirs ou toute autre activité source de plaisir.

- Désamorcer tous les conflits

Les personnes traumatisées ont tendance à se mettre facilement en colère, à devenir irritables ou à être émotionnellement distantes. Toutes ces réactions sont les réponses au traumatisme et non des réponses au climat de votre couple. Ne renchérissez pas, ne répondez pas.

Le mieux est encore d'avoir une discussion dans un moment calme et serein sur l'attitude que vous pourriez prendre dans ces cas là. Demandez à l'autre ce qu'il aimerait. Puisque vous voulez l'aider, autant l'aider pour son plaisir et non le votre.

 

 

 

 

 

 

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Mary Gohin - dans Émotions
18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 13:50

Brève définition

Les émotions sont subjectives. Ce sont des réponses à des événements qui ont une signification particulière pour l'organisme. Elles répondent ainsi à des besoins. Elles sont de durée brève  et sont composées d'un ensemble coordonné de réponses qui peuvent être verbales, physiologiques, comportementales et neurologiques puiqu'elles sont sous l'influence d'hormones et de neurotransmetteurs. Enfin, elles ont la force motrice de la motivation positive ou négative.

 

Elles sont à différencier des sentiments (expériences subjectives de l'état émotionnel une fois qu'il a eu lieu), des humeurs (états affectifs qui sont moins intenses que les émotions mais durent plus longtemps) et des affects (termes qui englobent l'émotion, le sentiment et l'humeur).

Classification des émotions

La classification des émotions est loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs.

Certains, comme Paul Ekman, pensent que les émotions sont des catégories distinctes. Il voit 6 émotions de base : la colère, le dégoût, la peur, la joie, la tristesse et la surprise.

D'autres ont proposé des modèles tridimensionnels dans lesquels chaque émotion est définie selon une ou plusieurs dimensions.

On peut néanmoins affirmer que les émotions diffèrent avec les cultures et surtout qu'elles existent en fonction du vocabulaire utilisé dans la langue de la culture.

Importance des émotions

Pour certains, les émotions sont des signes de faiblesse alors qu'au contraire, elles nous indiquent de façon précise l'état de notre équilibre.

Si on ne prend pas en compte nos émotions en les ignorant ou ne les niant, on considère que leurs réponses sont inappropriées. On va se sentir de plus en plus frustré car les frustrations vont s'accumuler. 

Pour continuer à les ignorer ou les nier, on va devenir peu à peu indifférent à nous mêmes.

Pour rééquilibrer ce que l'on pense de nous, on peut alors soit accumuler les réactions secondaires comme l'angoisse, la dépression, soit trouver des plaisirs secondaires dans une addiction quelconque.

Gérer ses émotions

Et c'est parce que l'activité cognitive interprète le contexte émotionnel de façon consciente et inconsciente, que nous pouvons apprendre à les gérer, c'est à dire les apprivoiser pour leur faire face. Gérer nos émotions revient alors à gérer également nos pensées et nos comportements. 

1. Identifier l'émotion

Pour certaines personnes, c'est la plus grande difficulté. Aussi, on peut simplement commencer par se dire "qu'est ce que je ressens ?"  Et si cette question est encore difficile à cerner, posez alors celle-ci "Comment suis-je? : Je suis... "

Il faut amener à la conscience ce qui ne l'est pas forcément. Or, si vous débutez cette question par "je suis...", la suite de la phrase devrait arriver facilement.

2. Comprendre cette émotion

Comprendre revient à se poser la question : "Pourquoi ai-je cette émotion ?"

Mais là encore il faut tenter d'aller vers soi et uniquement vers soi. Ce n'est pas l'autre qui est cause de ma colère, mais son comportement qui a été entendu d'une certaine façon pour moi, son comportement qui a éveillé quelque chose en moi. Alors pourquoi suis-je en colère ?

Ne vous écartez pas de vous même, cela ne vous permettrait pas de comprendre et ... d'apprendre.

La réponse sera très certainement le sentiment et donc l'état mental dans lequel vous êtes.

3. Parler, exprimer son émotion

Dites : "Je suis en colère parce que je me suis senti vexé". C'est surtout important quand on est en interaction avec une personne qui nous importe. Quand on a une émotion négative face à quelqu'un que l'on aime, on a tellement mal, que l'on va tout faire pour lui faire mal. Il est alors essentiel de dire ce que l'on ressent sans accusations ni attaques pour qu'un vrai dialogue puisse avoir lieu.

4. Agir

Maintenant que vous avez identifié l'émotion que vous avez compris ce que vous ressentiez, que vous l'avez exprimé, vous pouvez rationnaliser et vous tourner vers le comportement qui aura les meilleures conséquences possibles.

Reconnaître les émotions des autres

C'est une bonne chose d'apprendre à gérer ses émotions, et c'est aussi une bonne chose que de les reconnaitre chez les autres. Vos émotions sont importantes. Alors ceux des autres le sont tout autant. Les reconnaitre c'est valider l'existence de l'autre. Et en validant l'existence de l'autre, vous affirmez la vôtre.

Même si vous êtes en totale désaccord, les émotions de l'autre sont tout aussi réelles que les vôtres. De plus, si vous invalidez ou ignorez les émotions des autres, vous pouvez intensifier les sentiments qui en résultent et être confronté à des comportements qui vous déplairont.

Gérer ses émotions
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Mary Gohin - dans Émotions
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 15:07

Définition de l'attaque de panique

Une attaque de panique est une réponse incontrôlable et terrifiante à des situations non menaçantes et ordinaires. Elle se manifeste par une peur intense qui déclenche des réactions physiques violentes. La personne a l'impression de perdre le contrôle d'elle même, d'avoir une crise cardiaque, une embolie pulmonaire ou même de mourir.

L'attaque de panique peut être unique ou récurrente, mais elle affecte de manière significative la qualité de vie.

L'attaque de panique commence sans avertissement et frappe à n'importe quel moment. Elle peut avoir plusieurs variantes, mais les symptômes culminent 10 minutes après le début. Elle est très lente à s'estomper.

 

Symptômes de l'attaque de panique

Généralement, on parle d'attaque de panique quand il y a au moins 3 symptômes parmi cette liste en plus de l'idée de danger mortelle ou de folie :

- accélération du rythme cardiaque

- transpiration

- tremblement

- essoufflement

- hyperventilation

- bouffées de chaleur

- nausée

- crampes abdominales

- douleur à la poitrine

- maux de tête

- vertiges

- serrement dans la gorge

Causes de l'attaque de panique

Il n'y a pas de réelle cause générique à une attaque de panique. Elle appartient à l'histoire ou la situation de la personne concernée. Elle peut donc être causée par un stress important ou un événement marquant.

Conséquences de l'attaque de panique

Certaines personnes vont développer des comportements particuliers suite à une ou plusieurs attaques de panique.

Tous ce comportements visent à tenter à les rassurer pour prévenir toute autre attaque.

Certaines personnes vont ainsi

- ne plus sortir sans médicament ou eau,

- ne plus sortir sans être accompagnées,

- éviter les activités qui pourraient en déclencher une

- éviter certains aliments ou boissons

Mais les conséquences sont parfois encore plus graves car ce qui résulte de l'attaque de panique est la peur de l'attaque de panique.

Dans sont côté extrême l'attaque de panique peut engendrer l'agoraphobie quand la personne ne peut plus sortir de son domicile parce qu'elle ne se sent plus en sécurité nulle part.

Auto-stratégies pour l'attaque de panique

Voici quelques idées de stratégies que vous pouvez suivre. Toutefois, n'hésitez pas à consulter un professionnel si ces stratégies n'apportent aucune amélioration.

Respirez

Surtout si vous avez ressenti une impression de manquer de souffle ou si vous vous êtes mis en hyperventilation, ou si vous vous êtes senti essoufflé, vous pouvez agir sur votre respiration en prenant conscience des mouvements d'inspiration et d'expiration.

Après avoir pris conscience de ces mouvements respiratoires, commencez à respirer lentement et délibérément. Centrez votre attention sur le ventre et le souffle qui entre et sort en gonflant le ventre et le dégonflant.

ces mouvements volontaires vont vous apaiser et permettre à votre corps et à vos pensées de retrouver le calme.

Relâchez vous

Pendant l'attaque de panique vous avez des douleurs, des engourdissements, des tensions. Essayez de détendre votre corps en relâchant les parties de ce corps les unes après les autres. Nommez les, serrez les muscles, relâchez les. Commencez par les avant-bras pour aller jusqu'à l'épaule. Puis continuez avec les chevilles pour aller jusqu'au bassin. Poursuivez avec votre cou et votre visage.

Modifiez votre vision

C'est sans doute l'action la plus difficile et la plus efficace : modifiez ce que vous pensez. Reconnaissez que vos peurs dépassent la réalité, que la situation ne justifie pas l'impression de danger. Forcez vous au calme en détournant vos pensées et en les recentrant sur d'autres.

Pensez à des choses plus agréables, plus positives qui ont réellement eu lieu. Tentez de visualiser des scènes joyeuses. Affirmez "Je suis en sécurité" "ça va passer"...

Gérez votre attaque de panique

Pour gérer ce qui fait peur, il fait l'affronter, c'est à dire faire face à ce qui nous fait peur. Exposez vous aux situations progressivement en suivant les conseils ci-dessus, avec la plus grande indulgence vis à vis de vous.

Prenez votre temps. Il n'y a pas de baguette magique en matière de psychisme. Il faut de la gentillesse et de la patience.

Comprendre la cause

Comprendre la cause de vos attaques de panique est essentielle mais non primordiale. Apprendre la cause ne permet que très rarement la gestion de la conséquence.

Pour chercher la cause, il faut faire une introspection et chercher la raison pour laquelle votre cerveau à mis en parallèle une situation particulière avec un danger qui a priori rien à voir avec la situation elle même.

C'est souvent en parlant avec un professionnel que vous trouverez la cause et apprendrez à gérer au mieux vos attaques de panique ou vos peurs d'attaques de panique.

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Mary Gohin - dans Émotions
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 15:09

À côté de la timidité occasionnelle qui se manifeste uniquement dans les situations inconnues par une attitude distante et froide, conséquence d'une peur du jugement des autres, il y a la timidité chronique, généralisée à toutes les situations. 

Timidite-chronique.png

Cette timidité engendre une communication et des relations difficiles, sources de malaise permanent. 

En plus de la peur du jugement des autres, ce timide, obsédé par le désir d'être aimé, n'a qu'une idée en tête : ne pas déranger. 

Pour ce timide "ne pas déranger" se résume souvent par l'idée qu'il vaut mieux se taire parce qu'en parlant, on prend le risque de dire "des bêtises" qui au mieux n'intéressera personne, au pire déclenchera la moquerie. 

Pour ce timide, se faire aimer, c'est avant tout se plier aux désirs des autres et ne pas les contredire.

De situations en situations, ce timide finit par s'isoler puisque tout le monde l'isole et tout le monde l'isolant, ce timide finit par penser que personne ne l'aime, qu'il faut redoubler de passivité. 

Plus il est timide, moins on l'aime et moins on l'aime et plus il est timide. Il est entré dans ce cercle paradoxal : il a peur des autres et recherche les autres pour être reconnu. 

Rongeur-timide.jpg

Pierre est venu me consulter parce qu'il souffre de solitude et se sent continuellement incompris. Particulièrement timide d'aussi loin qu'il s'en souvienne, Pierre, au fil des années qui passent, ne cesse de se replier sur lui même, fuyant de plus en plus souvent les contacts avec tous les autres, y compris sa famille, ses amis et ses collègues. 

Toute soirée est devenue un calvaire à vivre. Avant, pendant, après. Tendu comme un arc, il se bloque sur des questions qui fouillent une culpabilité imaginaire. 

Avant la soirée, Pierre appréhende, plusieurs heures avant, de se sentir observé.  Sa seule idée est que le jugement que l'on va "obligatoirement" porté sur lui sera "obligatoirement" négatif. Il tourne et retourne en images la future soirée et se demande :  Que vais je pouvoir dire ? De quoi vais je parler ? 

Pendant la soirée, Pierre se sent complètement à la fois attaqué et vulnérable, incapable de se protéger comme de se défendre. Il a l'impression de ne rien contrôler, d'être incompétent en tout. Le moindre sourire, le plus petit regard et ce sont des questions qui reviennent : Pourquoi me regarde t il comme ça ? Pourquoi me sourit il ? Qu'est ce que j'ai fait ? Pas fait ? 

Après la soirée, Pierre revit en pensées négatives les évènements. Il poursuit sa dévalorisation et retourne encore les mêmes questions : Que pensent les autres de moi ? 

Ce jeu de la culpabilité l'épuise et la seule solution trouvée - le repli sur lui - ne peut pas le satisfaire, car la solitude non choisie entraîne une multitude d'occasions manquées. 

Avant la soirée, il pose des exigences irréalisables.

Pendant la soirée, il part du principe que les autres sont plus puissants, plus compétents que lui, que les autres ne peuvent que l'agresser en actes et en paroles. 

Après la soirée, il fixe en souvenirs ses manifestations d'anxiété, preuve d'un échec renouvelé d'une nouvelle tentative. 

 À force de vouloir remplir un rôle imposé et basé sur la peur du jugement des autres, Pierre s'est coupé de l'essentiel et a perdu de vue qui il était. Bloquant toutes ses émotions, taisant toutes ses idées, il s'est vidé de lui et ne se remplit de rien, hormis du désir de l'autre, désir qui n'existe qu'en pensées, en imagination. 

Le travail que je lui ai proposé tourne autour de ces trois axes : 

- les croyances qui engendrent des objectifs inatteignables, 

- la reconnaissance des émotions et des sentiments,

- les pensées négatives qui nient l'adaptabilité, le conflit et l'initiative. 

Ce travail a pour but d'apprendre que parler est à la fois un risque et une chance. Le risque d'être contredit, de montrer ses faiblesses. La chance d'entrer en relation avec les autres et de se montrer tel qu'on est. 

Le risque d'entrer en conflit et la chance de comprendre que se mettre à la place de... ce n'est pas penser à la place de .... 

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Mary Gohin - dans Émotions
21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 11:57

Il y a objectivement une grande différence entre une personne timide occasionnellement, c'est à dire selon les situations et une personne timide chroniquement, c'est à dire quelque soit la situation.

smiley-timide.gif

La timidité occasionnelle, c'est le cas de Jeannine qui a toujours privilégié les relations avec la famille et les amis  parce que c'est essentiellement avec eux qu'elle se sent à l'aise et devient facilement avenante, souriante, joyeuse. Elle me dit au premier rendez vous, qu'elle pensait avoir guéri sa timidité, mais que depuis quelques semaines, elle ne se reconnaît plus et ne parvient pas à gérer ce qu'elle appelle sa "double personnalité".

Obligée par son nouveau poste à favoriser l'élargissement et le renouvellement des réseaux sociaux, et donc obligée de rencontrer sans cesse des gens nouveaux,  d'aller au devant d'eux, elle s'est rendu compte qu'elle n'apparaissait pas la même personne pour les uns et pour les autres. Dans un cercle d'amis, là voilà enjouée, souriante, avenante, à l'écoute des autres. Dans un groupe d'inconnus, là voilà sèche, distante, mordante et souvent blessante.  Elle ne gère absolument pas ce "nouveau comportement" car elle aime vraiment ses nouvelles responsabilités et ne peut se résoudre à accepter son côté "détestable". Elle ne comprend pas pourquoi elle serait gentille avec les uns et méchante avec les autres.

En fait, Jeannine est toujours timide et n'a jamais réussi vraiment à s'en départir. Elle a simplement oublié qu'elle l'était puisqu'elle se protégeait de toutes les situations stressantes pour elle.  Ce comportement de fuite, d'évitement ou ce comportement de désintérêt apparent ne peuvent être sans bénéfices pour Jeannine. On ne se conduit jamais d'une certaine façon pour rien. Nous avons toujours une raison, un avantage à être ou paraître ce que nous sommes. Quelle est cette protection chez Jeannine ? De quoi se protège t elle ?

Alors qu'avant sa prise de poste, Jeannine a toujours su éviter les situations  qui auraient pu lui donner une étiquette de "timide", elle ne peut plus agir de la même façon maintenant. Elle veut ce poste et les fonctionnalités qui s'y attachent. Elle se dit ravie d'avoir à multiplier les contacts.  Mais, même si elle est ravie, elle ne peut ignorer sa timidité occasionnelle. Et c'est parce qu'elle joue à l'ignorance qu'elle se créé un masque de rejet, un masque de désintérêt aux autres.  

En travaillant en séance avec elle, sa parole met rapidement en évidence l'hypersensibilité au jugement des autres dont souffre Jeannine depuis l'enfance. Cet hypersensibilité la conduit à paraître timide pour s'effacer de peur qu'on la juge ; sa timidité installée l'amène ensuite à fuir les situations où l'on pourrait la juger ; les situations où l'on pourrait la juger la conduit  enfin à placer un masque devant ce qu'elle est pour ne pas qu'on la juge, puisque sa timidité devient impossible dans son nouveau poste. Tant qu'elle passe outre  sa peur du jugement des autres, elle ne peut lâcher prise, sur sa timidité, elle ne peut ni l'admettre ni l'apprivoiser.

Il faut redonner sa place à la timidité, en reconnaître la cause et en chercher les conséquences. Il faut accepter, c'est à dire reconnaître, pour dépasser.

Voi raussi l'article sur la titmidité chronique

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Mary Gohin - dans Émotions
9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 11:38

Nous avons tous été confrontés à des situations qui évoquent des sensations de peur et d'anxiété, que la source soit une situation réelle vécue (une voiture qui manque de justesse de nous écraser) ou une situation réelle vue (un film de suspens ou d'horreur), une situation anticipée (une opération prévue) ou une situation imaginée (la chute dans le précipice).

le-cri.jpg

Cette capacité à éprouver de la peur ou de l'anxiété fait partie intégrante de notre condition humaine. Mais quelle serait la différence entre la peur et l'anxiété ? Naissent elles ou participent elles de la même émotion ? 

Pas facile de répondre car les questions ne sont pas simples. 

Si les psychologues sociaux s'entendent pour définir la peur comme la réaction à un danger clair et présent et l'anxiété comme une réaction à une situation prévue ou imaginaire, ils ne parviennent pas à s'accorder sur les origines de la peur et de l'anxiété. 

Pour certains, la peur et l'anxiété sont des états innés. Pour d'autres, il s'agit d'un apprentissage par interaction avec l'environnement. Pour d'autres encore, la peur et l'anxiété, comme d'autres états émotionnels, sont le résultat des réponses physiologiques à des stimuli environnementaux. 

Pour les psychologues cognitivistes comme moi, ce sont certaines croyances (ou cognitions) erronées qui conduisent à l'anxiété.

Très souvent les états d'anxiété sont basés sur des croyances qui ne correspondent pas à la réalité, mais qui, malgré les preuves contraires finissent par s'imbriquer avec les autres croyances et former un système fonctionnel. 

Si cette explication cognitive se vérifie pour les états d'anxiété généralisée, comme on les retrouve dans les phobies, elle se révèle également pertinente dans les états de peur et d'anxiété liés à un épisode de vie particulier, comme un examen, un concours où la performance et la capacité sont au centre de la conséquence du malaise. 

Quelque soit l'intensité de l'état d'anxiété, les personnes qui souffrent semblent avoir un problème d'attention sélective, car on remarque qu'elles concentrent une quantité excessive de leur attention aux menaces potentielles de l'environnement. Cette mémoire sélective conduit à une mauvaise interprétation qui, elle va enrichir la base de données validant la croyance erronée, renforçant le système cognitif particulier. 

On peut prendre en premier exemple, une personne souffrant d'agoraphobie qui, se trouvant en train de marcher, entend le souffle rauque d'une personne dans son dos. Elle va sélectionner cette information parmi toutes les autres qui se présentent, penser que celui qui suit a l'intention de l'attaquer, valider la croyance que dehors on peut se faire attaquer et confirmer l'ensemble de son système cognitif basé sur la peur de sortir, l'anxiété de se retrouver dehors à la merci de toutes les menaces. 

On peut prendre également l'exemple des étudiants qui, à l'approche de leur examen deviennent de plus en plus nerveux et anxieux et se laissent envahir par l'information donnée par l'environnement (parents et institution) qu'il est nécessaire d'avoir de bonnes notes, indispensable de réussir scolairement pour bâtir un avenir heureux. 

Cette information toute à fait valable en soi peut se montrer autant motivante chez certains que destructrice chez d'autres. Certains prennent le contrôle de leur anxiété, d'autres pas. Ce sont les croyances parallèles qui vont faire la différence, poussant le premier à la réussite et le second à l'échec.

Les croyances parallèles sont construites à partir de l'environnement : la pression familiale, les expériences passées, le contexte scolaire, l'environnement affectif. Assemblées, elles vont se lier ensemble et former un système cognitif particulier et individuel. 

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Dans le cas d'un étudiant particulièrement anxieux, l'émotion peut grandir et passer hors contrôle, entraînant le sabotage des efforts présents. La perte de confiance prend des proportions démesurées pour finalement aboutir l'anxiété généralisée, que l'étudiant n'explique que par une incapacité intellectuelle. 

 

Quand on vient me consulter, j'aide ces étudiants à surmonter leur anxiété, mettant à plat les préoccupations et les inquiétudes pour les analyser ensemble, c'est à dire les remettre à leur place, en permettant une redistribution des croyances. 

 

Je peux travailler chez certains sur la confiance et chez d'autres sur les questions qui se manifestent dans l'anxiété, car si le but de mettre à jour la croyance erronée sur laquelle le fonctionnement cognitif s'est basé est commun, les manifestations de l'état d'anxiété sont particuliers. 

 

Ces croyances peuvent toucher tous les domaines et s'avérer inattendue ou curieuse. Comme celle de  Julie que je présenterai dans un prochain article sur le transgénérationnel. Venue me consulter pour un état d'anxiété généralisée à l'approche de son orientation post-bac, Julie me révèlera dès le premier entretien qu'une croyance familiale la comprime littéralement et pèse sur son système cognitif, au point de brouiller toutes ses capacités affectives et intellectuelles. 

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Mary Gohin - dans Émotions
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:08

La peur est l'une des 6 à 12 émotions basales (ou primaires ou modales) reconnues comme universelles par la majorité de biologistes, éthiologistes, psychanalystes et psychologues sociaux qui ont étudié les émotions.

Comme toutes les autres émotions, la peur est un processus dynamique, causé par un évènement inattendu et précis, qui a un début et une fin, avec une durée relativement courte.

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Elle est phylogénétiquement adaptée pour nous permettre de faire face à différents problèmes de la vie qui nécessitent des réactions rapides. Elle est caractérisée par des affects (des éprouvés spécifiques), des comportements spécifiques et des manifestations physiologiques spécifiques. La peur relève ainsi du corps, du coeur et de la "tête". 

Le plus souvent, nous confondons la peur et les peurs. La peur est une émotion, telle que décrite ci-dessus et les peurs sont le résultat de nos projections qui nous viennent autant de nos expériences que de nos croyances. 

Pour les psychologues, nous n'aurions que deux types de peurs innées : la peur du vide et la peur du bruit violent. 

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Or, quand nous interrogeons les individus, les peurs les plus répandues sont la peur d'être jugé et la peur de ne pas être aimé. Viennent ensuite la peur de l'échec, la peur de souffrir, la peur de mourir, la peur de tomber, la peur d'être malade etc ....

Les peurs sont multiples. Elles se fabriquent sur l'anticipation d'un futur qui serait la répétitiion de nos expériences et la vérification de nos croyances. 

La majorité de nos peurs nous viennent de notre vécu, du regard que l'on a posé sur nos expériences et des jugements que nous avons établi ou que notre environnement nous a renvoyé. Nous avons peur de la répétition, nous avons peur de vérifier notre croyance négative. Nous finissons par avoir peur de notre peur et nous cessons d'avancer. 

Les mauvaises expériences engendrent des croyances négatives et les croyances négatives sont la source de nos besoins frustrés. 

Élise me parle de sa peur de rencontrer l'autre et me dit qu'elle fuit actuellement toutes les situations de communication. Quand ensuite, elle décrit sa peur, sous sa forme anticipée d'une situation imaginée, elle prend conscience que la peur de rencontrer l'autre n'est que la peur de sa peur de n'avoir rien à dire parce qu'elle croit qu'elle est inintéressante aux yeux des autres. Son besoin actuel de raconter les changements intervenus dans sa vie a rencontré sa croyance négative et fabriqué sa peur. 

Surmonter ses peurs nécessite de "décortiquer" la peur exprimée, de la démêler en quelque sorte pour en comprendre la croyance et le besoin que la peur inconsciente nous voile. 

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Mary Gohin - dans Émotions
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 16:44

De par sa définition, il est difficile de dire scientifiquement ce que sont les émotions. Néanmoins, la grande majorité des psychologues admet que l'émotion est un état psychologique qui implique une expérience subjective, une excitation physique et une réponse comportementale. Mais comme nous sommes sans cesse en train d'interpréter notre environnement, l'étiquette que l'on pose sur nos réactions est également une étiquette subjective. 

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Même si on admet qu'il est nécessaire de distinguer les émotions de base, telles la peur, la surprise, la colère, la joie, la tristesse, le dégoût et quelques autres, au nombre d'une demi-douzaine à une dizaine, des émotions " mixtes ", résultantes des mélanges des émotions basales, toutes les émotions ont pour caractéristiques d'être des processus dynamiques avec un début et une fin, une durée relativement brève ayant pour cause des évènements précis et inattendus. 

Nous avons tous des émotions, mais la plupart d'entre nous sommes incapables de les expliquer, voire de les reconnaître, de les nommer. Nous avons surtout perception de ce que nous ressentons en terme de positif-négatif et de faible - fort, sans forcément mettre un mot sur la sensation. 

En effet, il y a plus de 400 mots pour décrire une émotion et chaque mot a une définition subjective. Si quelqu'un dit qu'il a peur, que signifie ce mot pour vous ? Si vous dites que vous êtes triste, vous l'êtes comment ? Cela dépendra de la personne qui le dit, de ce que vous savez sur cette personne, de la situation que vous vivez avec lui, de votre expérience récente (biais de disponibilité) etc... 

Sur une même situation, nous pouvons ressentir plusieurs émotions, parfois même contradictoires. Par exemple, si on vous annonce que vous avez obtenu une promotion. Vous ressentirez sans doute de la joie, du plaisir. Mais si cela veut dire également plus de responsabilités, plus de temps à travailler, plus de pression, vous aurez tendance à ressentir de la peur, de la colère, du découragement, de la panique ... Ces émotions seront plus ou moins fortes et vous pouvez vivre mal ce paradoxe si vous ne prenez pas le temps de regarder les deux facettes de la nouvelle situation. 

Dans certaines situations, nous pouvons même croire que nous ne ressentons rien de particulier et penser ne rien ressentir peut nous conduire à une vraie dépression. Voici Antoine qui, au cours d'un entretien me raconte un épisode de sa vie qui lui paraissait passé, résolu et oublié jusqu'à ce qu'il vienne à être raconté en séance. 

" À cette époque, j'étais avec une fille que j'aimais vraiment. Mais vers la fin de notre relation, elle ne cessait de critiquer tout ce que je faisais. Un jour, je devais l'emmener au train et je me souviens qu'elle n'arrêtait pas de me dire que je conduisais mal, trop lentement et qu'elle allait rater son train à cause de moi. Comme d'habitude, je n'ai rien dit. J'essayais de garder mon calme, de me montrer patient. Quand on est arrivés à la gare, elle est sorti de la voiture en colère, a claqué la porte en me jetant à la figure : "Adieu, c'est inutile que tu viennes me chercher. C'est fini entre nous, je viendrais prendre mes affaires". Je suis resté dans la voiture, assis sans bouger. Je ne ressentais rien. Je n'ai pas couru après elle, je ne lui ai pas téléphoné et notre histoire s'est arrêtée comme cela."

En me racontant cet épisode qu'il avait toujours jugé clos, je sens son émotion monter et envahir son récit. Il me dit que cette apathie l'a finalement profondément choqué. Et lui refaire vivre cet épisode en lui permettant de mettre en mots ses émotions lui a fait prendre conscience que toute cette honte non dite de n'avoir pu dire sa colère, sa peur, sa déception, sa tristesse bloquait toutes ses actions tournées vers l'avenir. 

 

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Mary Gohin - dans Émotions
30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 15:03

Très souvent l'émotion est définie comme une propriété d'un comportement intentionnel. La pratique généralisée qui sépare l'émotion et la raison nous vient de la vieille distinction faite entre la perception passive, entraînée par l'information sensorielle de l'environnement, et la perception active, qui commence avec la dynamique dans le cerveau.

Cette distinction en appelle une autre, celle faite dans notre histoire des sciences et de la philosophie, entre la raison et l'émotion. Les motifs expliqueraient les comportements observés. C'est à dire que, dans cette interprétation, les actions résultent soit d'un jugement raisonné, soit d'une force interne hors de contrôle conscient et au-delà du choix rationnel.

Mais ce point de vue traite l'émotion comme négative et la raison comme positive. La composante "émotion" dans l'action et le comportement est considérée comme illogique, irrationnelle et incontrôlable, alors que la composante "cognition" est elle, renvoie à la raison. 

Depuis les études sur le stress au travail, on observe une prise en compte différente de la composante émotion. Beaucoup de situations de travail impliquent une forte exigence sur le plan psycho-affectif. L'émotion est devenue une question importante car la charge émotionnelle peut fortement influencer les comportements, les performances, la santé de celui qui la ressent. 

emotions-de.jpg

Cela implique que dans les situations de travail, il est nécessaire de prendre en compte la charge émotionnelle, comme on prend en compte la charge physique et la charge mentale. Il y a donc, dans le concept de travail, les notions d'astreintes physiques, mentales et psychiques. 

Les facteurs émotionnels influencent l'activité cognitive et les cognitions ont des impacts sur les émotions. Et les tâches qui contiennent une composante émotionnelle sont très variées. Ce sont autant les situations où le salarié est

  • en relation avec le public, 
  • en relation de compétition, 
  • en relation d'aide, 
  • dans le cadre d'un contrôle. 

L'émotion peut influencer les prises de décision et les prises de risque. Ainsi, on a remarqué qu'un état affectif positif, permet de prendre plus de risques, des décisions complexes plus rapidement. L'émotion influence la qualité du travail. Elle peut affecter le cours de l'action. 

L'émotion naît de l'interaction entre les individus et, en état de stress, il y a un appel de ressources plus important, entraînant un ré-équilibrage entre l'action et l'objectif. L'effort subjectif est plus important et les comportements deviennent plus coûteux. 

J'ai, parmi mes clients, un enseignant d'éducation physique confronté aux objectifs contradictoires quand il doit installer le matériel nécessaire au cours du déroulement de son activité et surveiller les élèves qui doivent attendre la fin de l'installation. Il me raconte qu'il a un très fort sentiment de frustration, d'agacement.

En fait, il doit adopter un compromis cognitif lui permettant de poursuivre son activité, en ré équilibrant la charge mentale et la charge émotionnelle. Ce ré équilibrage entraîne ces sentiments d'inconfort.

Pour "sauver la face", il va tenter de faire comprendre aux élèves qu'il maîtrise la situation. Il interpelle les élèves dissipés tout en continuant à installer le matériel pédagogique. La poursuite de ces deux objectifs sont des actions contradictoires. 

Il est alors évident que les émotions et le stress générés par la réalisation de l’activité conduisent à orienter le cours des actions. Il y a interaction entre les composantes cognitives et émotionnelles nées de la situation de travail. 

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Mary Gohin - dans Émotions

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