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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 11:42

Voici un bref article sur les troubles sexuels que peuvent rencontrer les célibataires ou les couples.

Définition du trouble sexuel

Les troubles sexuels se réfèrent à un problème survenant lors d'une phase particulière du cycle de la réponse sexuelle. Le dysfonctionnement empêche alors la personne ou le couple d'éprouver de la satisfaction dans l'activité sexuelle. 

Cycle réponse sexuelle

Même si les recherches suggèrent que la dysfontion sexuelle est assez fréquente (entre 30 et 45% de la population), la grande majorité des gens sont réticents à signaler un certain degré de difficulté. Or, la plupart des cas de dysfonctionnement sexuel sont traitables, soit par médicament quand la cause est physique, soit par psychothérapie quand la cause est psychique ou même par combinaison de médicaments et d'entretiens.  

Les types de dysfonctionnement sexuel

On les classe généralement en 4 catégories 

1. les troubles du désir

2. les troubles de l'excitation

3. les troubles de l'orgasme

4. les troubles de la douleur pendant l'activité sexuelle

Les symptômes des troubles sexuels

Chez les hommes

- incapacité à obtenir ou maintenir une érection permettant un rapport sexuel

- absence d'éjaculation malgré la stimulation sexuelle adéquate

- incapacité à contrôler le moment de l'éjaculation 

Chez les femmes 

- incapacité à atteindre l'orgasme

- lubrification insuffisante avant et pendant le rapport sexuel

- incapacité à détendre les muscles vaginaux pour permettre la pénétration 

Chez les hommes et les femmes

- baisse du désir 

- douleur pendant les rapports sexuels

- incapacité à devenir excité

Les causes du dysfonctionnement sexuel 

1. Les causes physiques des troubles sexuels : 

De nombreuses conditions physiques et / ou médicales peuvent être la cause de troubles sexuels. Par exemple : le diabète, les maladies du coeur, les troubles neurologiques, les déséquilibres hormonaux, l'alcool et les drogues, les effets secondaires de certains médicaments. 

Cela ne veut bien sur pas dire que si on a un telle maladie, la fonction sexuelle est affectée obligatoirement. Cela veut juste dire que la première recherche de la cause aux troubles sexuels doit s'orienter sur le vécu physique avant d'aborder le regard psychologique. 

2. Les causes psychologiques des troubles sexuels :

Elles sont également très nombreuses. Par exemple : le stress et l'anxiété, l'inquiétude au sujet de la performance sexuelle, les croyances liées au sexe et à la sexualité, les problèmes du couple ou la relation dans le couple, la dépression, les sentiments de culpabilité, la vie sexuelle passée... 

Le traitement des troubles sexuels

      Au début du 20ème siècle, on pensait que face à un trouble sexuel, il fallait prévenir la masturbation et réduire l'activité sexuelle ! 

Aujourd'hui, il existe de nombreux traitements efficaces pour de nombreuses affections courantes. 

trouble-sexuel.jpg

 

Parmi les affections sexuelles que je rencontre souvent dans ma pratique : 

- l'absence ou la baisse du désir

C'est un trouble de plus en plus courant, ou du moins, de plus en plus signalé aux spécialistes. Les causes sont multiples et différentes selon qu'il s'agisse d'une personne en couple ou non. Mais très souvent la racine du problème est relationnel. 

Le traitement est un processus en plusieurs étapes sur les croyances, les pensées, les fantasmes. Le processus inclue également un travail sur la communication. 

- la dysfonction érectile

La cause est souvent une combinaison de facteurs physiques et psychologiques. La principale cause psychologique est l'anxiété de performance. 

Le traitement comportemental et cognitif est axé sur la réduction de l'anxiété. 

- l'éjaculation précoce

Les causes sont souvent très complexes et très difficiles à mettre à jour. Mais le traitement fonctionne dans la plupart des cas. La thérapie met l'accent sur la formation comportementale. Dans ce cas, le ou la partenaire est fortement sollicité-e

- les douleurs 

Chez les hommes, le trouble implique souvent un problème physique tandis que chez les femmes, le traitement met l'accent sur la formation à la relaxation. 

 

Je rappelle qu'il est souvent nécessaire que le partenaire soit présent quand la personne qui souffre d'un trouble sexuel est en couple. D'une part, parce qu'il est souhaitable qu'il puisse exprimer ce qu'il ressent, car même si un trouble est admis, il est rarement compris. D'autre part, les méthodes thérapeutiques font très souvent appel à sa participation. 

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Mary Gohin - dans Sexologie
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 15:48

Le fait d'avoir une baisse de désir après l'accouchement est un problème en soi très commun. Commun ne veut absolulement pas dire non important, mais simplement normal, qui arrive assez souvent à de nombreuses femmes nouvellement mères. 

Baisse-libido.jpg

Après la grossesse et l'accouchement, la baisse du désir peut être due

- aux nombreuses modifications du corps entrainant parfois une baisse de confiance en soi,

- au manque de sommeil ou à une baisse de la qualité du sommeil entrainant de la fatigue,

- à toutes les multiples attentions et actions qu'il faut faire vis à vis du nouveau né, entrainant de l'inquiétude, 

- à cette espèce de tristesse sournoise, mal définie que l'on appelle "dépression post-partum" ou "baby blues".  

Alors, quand on est fatiguée, déprimée, inquiéte,  ce n'est pas du tout évident de répondre ou d'initier les activités sexuelles, même si les activités sexuelles avant la grossesse étaient de vraies activités de plaisir. 

On dit alors qu'il faut être patient et que ce n'est que temporaire. 

Mais qu'est ce que le temporaire pour le couple qui patiente ?

Pour la femme qui ne comprend pas bien et finit par culpabiliser en pensant qu'elle ne parvient plus à aimer son partenaire devenu le père de son bébé.

Pour l'homme qui ne comprend pas plus et qui culpabilise également de voir sa compagne souffrir en restant incapable de l'aider et en ne parvenant pas vraiment à gérer son propre désir et qui pense que sa partenaire ne l'aime plus et ne lui donne pas de place dans sa nouvelle vie. 

Certes, il ne faut pas se précipiter. Il ne faut pas que la femme s'inquiéte inutilement. Il ne faut pas que l'homme parle sans arrêt de son désir et du manque de désir. Il ne faut pas que le couple se boude...

Il ne faut pas...

Comme on dit c'est le fameux "YaKaFautQuon".

Seulement voilà, au bout de quelques semaines, le couple s'enlise et chacun souffre en rejetant la souffrance de l'autre, persuadé de ne pas être compris. 

Alors que faut il faire ? Quand est-ce nécessaire d'agir en demandant de l'aide ? 

 

Desir-sexuel-copie-1.jpg

Les premières actions 

Le mieux serait d'avoir une information concrète dès la sortie de la maternité. Nous sommes tous pareils, mais nous sommes tous différents. Un médecin répondra de façon médicale, c'est à dire en tenant compte du corps. Le gynécoloque pourra écarter toute cause organique qui gênerait les futurs rapports sexuels. 

L'idéal ensuite est de ne pas hésiter à en parler ensemble.

Parler de ce que l'on ressent, de ce que l'on craint, de toutes ces peurs qui surgissent, de cette fatigue qui mine, de cette tristesse qui engloutit.

Parler non pas pour être compris parce que comprendre est souvent très très difficile quand on souffre soi même, mais parler pour écouter l'autre, l'accepter dans sa différence de réalité, avec des différences de ressentis et de malaises. 

Parler va permettre au couple de se redire leur amour (car encore une fois je le redis, la baisse du désir n'a strictement rien à voir avec le sentiment d'amour).

Parler va permettre de donner et de recevoir les mots gentils, les gestes simples d'affection.

Parler est indispensable, mais parfois très difficile. La peur de faire mal à l'autre, la peur de ne pas être comprise est souvent un frein à la communication intime du couple

La demande d'aide

L'histoire du couple est peut être entachée d'histoires retenues, non "digéré mal reg

Quand on dit qu'il faut être patient, tout est une histoire très subjective. Le couple peut rapidement comprendre que la situation est vraiment bloquée, qu'ils ne parviennent plus à parler, qu'ils ne parviennent plus à manifester ou accepter la simple tendresse de l'autre. 

À cette prise de conscience, il peut y avoir deux causes principales (en dehors de toute cause organique). Il y a d'autres causes bien sur, mais voici les plus courantes que je rencontre le plus souvent dans l'histoire des couples qui me consulte

- le couple a une, deux ou plusieurs souffrances, tristesses mal refermées, mal oubliées. L'arrivée de l'enfant avec tout ce que cela entraîne décrit au début de l'article, ne va faire que cristaliser ces "dossiers". 

- la place du père, la place de la mère, des frères et soeurs, de la famille ou de la belle famille est mal définie, mal interprétée. L'arrivée de l'enfant va cristalliser une sorte de rancoeur. 

Quand le couple ne parvient pas à se parler, il faut se faire aider par un thérapeute, médecin ou psychologue, pour dépasser cette crise révélée par l'arrivée de l'enfant. 

Mais quand consulter ? 

Je pense, par expérience, que dès que l'on prend conscience de l'existence d'un problème et que ce problème ne trouve aucun compromis dans le couple assez rapidement, plus vite le couple consulte et moins la thérapie sera longue. 

Pour conclure cet article, j'aimerais ajouter que le cas de baisse de désir nécesssite la présence des deux personnes du couple, contrairement à d'autres problèmes que peuvent rencontrer le couple. Le travail réalisé en séance et entre les séances demandent l'adhésion des deux partenaires. 

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Mary Gohin - dans Sexologie
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:08

Le développement libidinal est, pour Freud, caractérisé par des temps d’évolution, séparés par une période de latence.

Le premier temps de ce développement se finalise par le stade phallique au cours duquel survient le complexe d’Œdipe (appelé complexe d’Électre chez la fille par Jung) et qui se situe vers 3 - 6/7 ans. Ce stade a un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et une influence sur l’évolution de la vie affective, sexuelle, intellectuelle et sociale de l’enfant.

Un « Œdipe » qui se passe bien est une des meilleures assurances d’absence de troubles pathologiques de l’enfance, de l’adolescence et de l’adulte parce que les problématiques qui proviennent des conflits mal résolus à ce stade phallique se fixent et entravent la vie de l’être humain par des conduites d’échecs ou des pathologies douloureuses qui ne concernent pas seulement la vie affective et sexuelle. Ces troubles, avec les manifestations d’angoisses, sont les conséquences d’un complexe d’Œdipe qui a été perturbé et s’est mal déroulé.

Le complexe d'Oedipe a des caractéristiques essentielles et importantes dans le développement psychosexuel de l’être humain.

1.L’enfant passe d’une relation duale à une relation triangulaire.

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Au stade phallique, l’enfant quitte la situation duale dans laquelle la mère était la seule à lui fournir ses besoins. En découvrant que le père a la fonction particulière d’être l’amant de sa mère, l'enfant entre dans une situation triangulaire complexe.

Complexe, parce que, autant ce père qui prend sa place, représente une menace potentielle de séparation, autant ce père force l'admiration de l'enfant. L’enfant va désirer être tout pour sa mère. Et pour être ce tout, il va chercher quel peut être le manque de la mère pour le combler. Ce manque fondamental, au niveau symbolique, est le phallus. Quand l’enfant abandonne ce désir de combler le manque de phallus, il est sur la voie de son identification, de son indépendance. C’est en se détachant de sa mère, que l’enfant va reporter ses désirs sur des objets extérieurs et se réconcilier avec le père.

Mais si la mère répond à ce désir de fusion, par des comportements excessivement ambivalents (mère très culpabilisante et très protectrice) associant à cette attitude fusionnelle un déni de la fonction paternelle, l’enfant devient Objet de sa mère et l’individuation ne peut se faire.

Imaginons une mère, qui pour une raison ou une autre, s'attache à son enfant au point de lui donner la place normalement donnée à un partenaire. Imaginons qu'elle cherche à compenser ses manques amoureux en attirant à elle son enfant et que, choquée par ses sentiments et la réponse de l'enfant, elle se mette à la repousser ensuite. De ce va et vient entre rapprochement et éloignement va naitre la culpabilité de l'enfant qui est, dans un premier temps autorisé à ressentir un désir et, dans un deuxième temps, puni par une attitude de rejet. La culpabilité que peut ressentir l'enfant face à cette ambivalence entre rejet et attirance peut être source d'angoisses et la solution peut déboucher sur un caractère obsessionnel de la sexualité. 

2.L’enfant accède à la différence des sexes et des générations.

La différence des sexes

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La différence des sexes est marquée par leur opposition et c’est cette opposition qui fait la relation entre le complexe de castration et le complexe d’Œdipe. Mais cette différenciation est vécue différemment chez la fille et chez le garçon. Sous la menace de castration, le complexe d’Œdipe vole en éclats, chez le garçon. Par constatation de la castration, la fille entre dans l’Œdipe.

Au stade phallique, l’enfant se focalise sur un point très important de son corps : ses organes génitaux. Il découvre l’existence et l’absence du pénis et pose beaucoup de questions sur la procréation, la sexualité, la grossesse, les relations entre les parents… Faute de comprendre les réponses, il répond à sa manière, ne pouvant admettre ce qui ne correspond pas à sa croyance fondamentale. La fécondation est reliée pour lui à ce qu’il connaît déjà, comme l’ingestion d’aliments, le baiser…

Il recherche les différences anatomiques, il aime montrer son corps et se promener tout nu. Il a besoin de savoir et cherche un objet précieux, inaccessible. Ce sont les prémices de la curiosité intellectuelle. L’enfant reste dans un registre très narcissique. Il investit le pénis de plusieurs qualités, entre autres celle de toute-puissance.

Pour les deux sexes, le complexe de castration vise la réelle assimilation de la différence des sexes et à l’intégration de son propre sexe. Il faut pour cela deux conditions : se dégager de la mère toute puissante puis transformer les fantasmes qui visent à détruire les deux parents en attribuant au père un rôle réparateur envers la mère avec la satisfaction par un pénis vivifiant.

Chez le garçon

L’enfant manifeste envers ses parents deux sortes d’attachements : un attachement objectal, sexuel à l’égard de la mère et une identification au père qui prend une teinte hostile. Le garçon se sait possesseur d’un pénis, investi d’une part en tant qu’instrument de satisfaction sexuelle et d’autre part de symbole de la valorisation narcissique de soi. L’enfant fait tout pour s’assurer la possession de la mère et rencontre dans le père un rival dont il jalouse la réelle supériorité et qu’il surestime en raison de sa signification symbolique.

Donc, au moment de cette découverte des sexes, le garçon va investir narcissiquement le phallus. Son monde se remplit de fantasmes agressifs phalliques qui affirment sa sexualité masculine. Il a, d’une part, une grande affection pour sa mère et d’autre part, une grande jalousie pour son père.

Ces fantasmes œdipiens se développent tout en se heurtant à la réalité, c'est-à-dire à l’infériorité de l’enfant. De là vont naitre des conflits. Et si le père est incapable de supporter l’agressivité inconsciente de son fils, il ne lui permettra pas de devenir viril parce que l’enfant devenu adulte se sentira coupable d’avoir des succès pourtant légitimes.

Par contre, si le père accepte et dépasse cette agressivité, il permettra à son fils de voir que la seule issue est de renoncer définitivement à la mère et de sublimer ses pulsions qui visaient à la conquérir.

Imaginons un garçon qui arrive par son agressivité à éloigner son père de sa mère. Ce garçon ne pourra plus s’identifier au père. Il peut souffrir d’impuissance en associant les femmes dans son inconscient à l’objet œdipien tabou.

Imaginons un autre cas où le père est complètement passif vis-à-vis de cette agressivité inconsciente. L’enfant est alors soumis affectivement au père, et l’enfant peut développer un complexe de féminité, c'est-à-dire une homosexualité inconsciente.

Cette différence des sexes qui apparait, provoque, chez le garçon, l’angoisse de castration, née du résultat de la constatation du manque de pénis. Par cette angoisse de castration, le garçon peut se différencier de la mère. Le sexe a valeur de limite. Il marque la différence et cette différence marque la différence des sexes. L’enfant peut alors sortir de l’Œdipe et entrer dans la phase de latence.

Freud, en 1927, va relier les perversions à la problématique de l’angoisse de castration. La perversion serait la pathologie de la phase phallique, tributaire de l’angoisse de castration.

Le pervers élabore un déni de la différence des sexes sans renoncer à la puissance du Phallus. Ce déni n’est pas total car il y a clivage du Moi, c'est-à-dire co-existence de savoirs et de croyances. Dans les perversions, les pulsions partielles se satisfont dans la réalité. Par exemple, l’exhibitionniste triomphe de la castration par son comportement. Le pervers ne sort pas de l’Œdipe et régresse au stade précédent qui lui est plus valorisant pour plusieurs raisons. Soit parce qu’il a un père castrateur, soit parce qu’il a une expérience infantile de séduction active.

Dans le cas d’une mère castratrice qui, soit condamne toutes les caractéristiques masculines, soit se moque ou interdit les fantasmes infantiles, soit encore collabore à l’édification de ces fantasmes, le garçon ne pourra qu’échouer dans toutes ses activités viriles car ses échecs seront vécus inconsciemment comme une punition. Chaque échec devant le renforcement des suivants. On peut avoir alors un homme qui n’a pas pu obtenir d’érection au cours de son premier rapport sexuel devenir impuissant en devenant auto-observateur de sa performance. L’anxiété d’échec pourra déboucher sur bien d’autres pathologies sexuelles.

Chez la fille

La fille découvre la différence des sexes en remarquant que les garçons ont quelque chose qu’elle n’a pas. Après une période de négation, elle se persuade que le pénis poussera. Elle attend et essaie de voir et de jouer avec le pénis des garçons (sensation d’avoir). Ses fantasmes tournent autour de son envie de pénis et attribue à son père cette toute-puissance (chez certains psychanalyste, elle le demande à sa mère). Le complexe de castration, chez la fille, n’est pas une angoisse de castration. Il ne la met pas en danger mais lui permet de devenir femme car ce complexe inhibe et limite la masculinité en encourageant la féminité. L’envie de pénis fait place au désir d’avoir un enfant avec le père. Ainsi, la zone génitale est investie et s’accompagne de fantasmes œdipiens.

Le sort de l’Œdipe féminin n’est pas clair chez Freud et divise les psychanalystes (Karen Horney, Mélanie Klein). Mais le plus simple est de penser qu’elle l’abandonne lentement par refoulement parce que le désir d’avoir un enfant du père ou un pénis de sa part n’est jamais comblé.

Mais si elle ne renonce pas au désir de pénis, elle peut vivre un sentiment d’infériorité permanent, pensant « je ne vaux rien, je ne sais rien faire ». Insuffisamment narcissisée, elle ne peut investir dans sa vie affective.

Si elle refuse de ne pas l’avoir, c'est-à-dire que plus que de ne pas y renoncer, elle continue à le revendiquer, la fille pourra souffrir d’un complexe de virilité, car elle prendra une position masculine.

Si l’investissement vaginal ne se produit pas. La fille devenue femme pourra souffrir de vaginisme.

Imaginons encore que le couple parental soit inversé, c'est-à-dire que le père soit faible et que la mère soit phallique, la fille de ce couple n’aura pas envie de phallus et ne pourra pas entrer dans l’Œdipe. Elle refoulera sa sexualité phallique et la libido régressera à des stades inférieurs. Elle pourrait souffrir de vaginisme.

La différence des générations

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La différence des sexes engendre le désir du parent du sexe opposé. Par l’interdiction de la réalité de ce désir, les parents marquent la différence des générations. Si l’Œdipe se passe bien, l’enfant comprend qu’il n’épousera pas le parent de sexe opposé parce qu’il est l’enfant de ses parents. La différence des générations se manifeste donc par les droits différents. Le droit des parents et le droit de l’enfant marquent la différence des générations. Cette différence va permettre à l’enfant de prendre sa place d’enfant dans l’arbre généalogique et aux parents de consolider leur place de parents dans ce même arbre.

Si cette différence ne se fait pas, c’est la loi de l’inceste qui ne peut pas être édictée.

C’est le cas des parents qui n’ont pas de sexualité harmonieuse et qui, surtout, n’ont pas la maturité nécessaire pour trouver une solution d’Adulte à cette sexualité non satisfaisante. On peut voir alors apparaitre des situations d’inceste symbolique ou réel qui entraineront d’importants désordres affectifs (manque d’estime, anxiété majeure) et/ou sexuels (anorgasmie, manque de désir, vaginisme) parce que l’inceste est une non acceptation de la différence des générations.

3.L’enfant intériorise les interdits parentaux et sociaux

Freud affirme dans Totem et Tabou (1912) que les deux désirs refoulés présents dans le complexe d’Œdipe (interdit de l’inceste et interdit de tuer son père) fondent la société humaine. Pour Freud, la loi d’exogamie est culturelle et se fonde sur deux tabous fondateurs de la société :

1.On ne doit pas tuer l’animal totem : c’est l’interdit du meurtre

2.On doit éviter les rapports sexuels avec les individus appartenant au même totem : c’est l’interdit de l’inceste.

Mais c’est Lacan qui va expliquer la fonction symbolique du père. Et c’est ce père symbolique qui est le pivot du complexe d’Œdipe. Le père est un symbole, c'est-à-dire un signifiant (reprenant le concept érigé par Saussure en linguistique). Lacan l’appelle le « nom du père ». Le père symbolique est une fonction qui donne au père réel le droit d’être l’amant de la mère et le porteur de la loi, le lieu de la loi.

Le père, troisième personne du triangle, prend sa place en tant que séparateur de la fusion entre la mère et l’enfant en posant la Loi. Cependant, cette loi ne peut exister que par l’existence de la fonction paternelle du père et cette fonction paternelle du père doit exister au préalable dans l’esprit de la mère, avant même que l’enfant la découvre au moment de l’Œdipe.

Avec cet interdit, l’enfant accède au rang sociétal. Il entre dans le monde dont les relations sont structurées en même temps qu’il s’insère dans la famille dont les places sont structurées. Par la fonction paternelle, l’enfant devient libre, avec des droits et des limites à ces droits. Il pourra disposer de lui-même et pourra construire son individualisation, en s’engageant dans la recherche d’objets affectifs de plus en plus éloignés de l’objet initial.

Lacan développe également les effets de la forclusion de la fonction paternelle (le Nom-du-Père) sur le langage et la jouissance. Il compare l’espace du signifiant, c'est-à-dire l’espace de l’inconscient) avec un espace typographique. Il y a des lignes, des mots, des lettres. Si cet espace n’a pas de règle d’écriture, pas de loi, on y trouve n’importe quoi et on ne peut rien comprendre. La fonction paternelle ordonne la chaine des signifiants comme la règle d’écriture ordonne la typographie. Si ce signifiant que Lacan appelle le Nom du Père manque à la chaine des signifiants, c’est la folie. La carence du père symbolique peut faire surgir des troubles graves dans la constitution et le dépassement de l’Œdipe. À l’adolescence, comme il y a réactualisation des conflits infantiles, on retrouve les signes d’une entrée dans la psychose.

Si cette loi a été transgressée ou si elle a été fantasmée de façon massive, on peut soit trouver des cas d’anorgasmie coïtale due à la peur de voir apparaitre un désir incestueux, soit, chez la femme, des cas de masochisme expiatoire, soit, chez l’homme, des cas d’anxiété de démasculinisation.

La Loi du Père fait sortir l’enfant de l’Œdipe. Mais même refoulés, le désir incestueux et le fantasme du meurtre ne perdent rien de leur virulence et sont toujours là actifs dans l'inconscient. La loi de la prohibition de l'inceste donne à notre inconscient son lieu, sa structure.

4.L’enfant se construit un idéal du Moi qui permet l’apparition du Surmoi.

L’enfant dépasse son complexe d’Œdipe en identifiant ses parents, en acceptant leurs exigences. Cela veut dire que l’identification avec les parents et l’acceptation de leurs exigences prennent la place des désirs œdipiens. Le Surmoi se structure ainsi à partir de la loi du père pour former avec le moi une partie du Ça.

Le Surmoi a une double facette, celle des interdits et celle des pulsions, c'est-à-dire une fonction moralisatrice et un caractère pulsionnel, sadique (chez Klein), obscène (chez Lacan). En effet, le surmoi peut se diviser entre « l’idéal du moi » qui représente les valeurs et les idéaux, sorte de modèle parfait du moi et « l’instance critique » qui porte les règles et les interdits, sorte de conscience morale pour le moi.

Or, s’il y a, au stade phallique et en particulier dans le complexe d’Œdipe, quelque chose de fondamentale pour l’être humain en devenir, c'est-à-dire, quelque chose qui a une très forte influence sur l’ensemble de la psychopathologie, c’est bien cette instance du Surmoi.

Le double visage du surmoi dérive du fait que l’idéal du moi a fait tous ses efforts pour refouler le complexe d’Œdipe. Donc, plus le complexe d’Œdipe a été fort et plus son refoulement s’est produit rapidement, plus sévère sera ensuite la domination du surmoi sur le moi comme instance morale et comme, chez certaines personnes, comme sentiment de culpabilité inconscient. Le surmoi pour Freud est bien le représentant du monde extérieur, la réalité qui se pose en mandataire du monde intérieur, le Ça. Les conflits reflèteront l’opposition entre le monde extérieur et le monde intérieur.

Des jugements parentaux particulièrement forts ou des jugements surmoïques agressifs peuvent entrainer une culpabilité qui, vécue en continu, maintient ce sentiment par une énergie psychique importante. La conséquence peut en être la dépression du jeune enfant, de l’adolescent ou de l’adulte. En effet, si le surmoi œdipien menace l’enfant d’un retrait d’amour et d’estime comme punition d’une faute accomplie, pensée, fantasmée, le surmoi menace de s’effondrer, créant la dépression.

Le sentiment de culpabilité sur la sexualité peut entrainer divers troubles sexuels, tels que l’anorgasmie, le manque de désir, le vaginisme …

L’Œdipe est une crise primaire et ce temps particulier a la même valeur que la crise d’adolescence qui jouera une fois encore les mêmes problématiques psychiques autour de l’autonomie, la différenciation, l’identité, mais avec un corps qui sera alors biologiquement adulte et avec une sexualité génitalisée.

Mais plus que pour tout autre manifestation psychique du développement, le complexe d’Œdipe a également une place privilégiée car primordiale dans l’ensemble du développement libidinal. En effet, même si les stades précédents se sont ‘ mal passés », qu’il reste encore des conflits au sujet de l’alimentation, du sommeil et de l’apprentissage de la propreté, un complexe d’Œdipe qui se résout correctement peut être l’occasion d’une réussite puisqu’il rejoue sous une autre forme la même problématique de la séparation. Les parents font comprendre à l’enfant que sa vie est à l’extérieur

*Je dis qui apparait sans entrer dans le débat entre les psychanalystes freudiens, kleiniens ou lacaniens qui ont une théorie différente sur cette instance.

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Mary Gohin - dans Sexologie
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:00

L'homosexualité a été longtemps considérée comme une maladie. Ce n'est qu'en 1973 que l'APA (American Psychological Association) supprime du DSM IV l'homosexualité dans la liste des troubles mentaux. Et ce n'est qu'en 1992 que l'Organisation mondiale de la Santé supprime de la liste des maladies dans sa classification internationale des maladies. 

Mais cette suppression littéraire est loin d'anéantir le stigmate, les préjugés et la discrimination que les personnes homosexuelles ou bisexuelles peuvent vivre tout au long de leur expérience de vie. 

On a trop longtemps pensé l'homosexualité comme une maladie mentale, maladie qui pouvait se guérir, pour que la société en supprime toute la discrimination qui s'y attache. 

Être homosexuel(le) devrait être aussi naturel qu'être hétérosexuel(le). C'est souvent la peur d'être mis à l'écart qui provoque la peur de le dire, la peur de l'admettre. 

L'orientation sexuelle ne peut être pensée en termes de bon et mauvais choix, mais elle peut être source de mal-être, de souffrance, de déni. 

couple-mains.jpg

Qu'est-ce que l'orientation sexuelle ? 

Une orientation sexuelle se réfère à un mode durable de réactions émotionnelles, au sentiment d'une personne vis à vis de ses attractions sexuelles, des comportements qui y sont liés. 

On peut considérer plusieurs types d'orientation situés sur un continuum qui va de l'attraction exclusive à une personne de sexe opposé à l'attraction exclusive d'une personne du même sexe. Pourtant, en dehors de ce continuum, il est facile de cerner trois catégories : 

1. l'hétérosexualité avec attraction et troubles émotifs envers les personnes de sexe opposé

2. la bisexualité avec attraction et troubles émotifs envers les hommes comme les femmes

3. l'homosexualité avec attraction et troubles émotifs envers les personnes de même sexe. 

L'orientation sexuelle ne peut pas être définie par les autres composantes de sexe et de genre, c'est à dire par le sexe biologique (sexe féminin ou masculin), par l'identité sexuelle (le fait de se sentir femme ou homme) ou par le rôle social dévolu à chaque sexe (le comportement masculin ou féminin). 

L'orientation sexuelle est en fait définie par les relations aux autres, les relations intimes et personnelles qui répondent aux sentiments d'amour, d'attachement, d'engagement. L'orientation sexuelle est ainsi plus qu'une caractéristique personnelle mais une identité personnelle au sein d'un groupe. 

Comment sait on que l'on est homosexuel(le) ? 

C'est souvent une question que viennent me poser des hommes et des femmes qui, parlant de leur sexualité, de leur désir amoureux ont des craintes plus que des doutes. La crainte de l'être, de le devenir plus que des doutes de l'être ou de le devenir. La crainte est soumise aux pressions des croyances, les doutes à son choix personnel. 

Notre orientation sexuelle émerge à la pré-adolescence et survient très souvent avant qu'aucune expérience sexuelle ne se soit concrétisée. Beaucoup de gens ont des premières expériences qui n'ont rien à voir avec leur orientation sexuelle future. Il n'est pas rare que les adolescents aient des relations avec une personne du même sexe qu'eux, sans pour qu'autant cela définisse leur orientation sexuelle future et qu'ils soient ainsi identifiés comme homosexuels ou même bisexuels. 

Comme les préjugés et l'homophobie rendent difficiles le choix à faire et la revendication d'une identité sexuelle minoritaire, il arrive très souvent que la réconciliation avec ce choix passe par un processus lent et douloureux. 

Quelles sont les causes de l'homosexualité ? 

Les théories sur l'homosexualité sont nombreuses, sans qu'aucune ne parvienne à faire l'unanimité. 

Pour la psychanalyse, l'homosexualité est une réponse à un état de conflit, le plus souvent né au sein de la famille restreinte. 

Pour les psychosociaux, l'homosexualité est le résultat de multiples facteurs environnementaux et une tendance personnelle à répondre à l'environnement par cette orientation. 

Pour les biologistes, l'homosexualité est hormonale, voire génétique. Pour les neuro-scientifiques, elle est la réponse à un fonctionnement particulier du cerveau. 

Pas de consensus, donc, mais une idée qu'il n'y a pas un seul facteur et que les multiples facteurs appartiennent à de multiples domaines : familiale, social, culturel, biologique ... 

Pas de consensus et pourtant parfois une souffrance qui va bien au-delà de la simple orientation sexuelle parce qu'elle met en jeu une multitude de croyances. 

L'impact de l'homosexualité 

Les croyances faites de préjugés, d'idées négatives ont un impact social et personnel.

Sur le plan social, sans qu'il n'y ait aucune preuve, ces croyances excusent le traitement inégal que l'on adopte pour les personnes homosexuelles en leur limitant certains droits fondamentaux, comme celui d'être parent ou de se marier, en limitant leur sentiment comme si aimer une personne du même sexe ne pouvait avoir la même définition qu'aimer une personne de sexe opposé. 

Sur le plan personnel, ces croyances ont des conséquences parfois négatives, contraignant certains à dissimuler ou nier leur orientation sexuelle. Cela contribue à fortement diminuer l'image de soi, c'est à dire l'affirmation de soi et la confiance en soi. Les croyances peuvent se manifester par des comportements homophobes qui favorisent le stress chronique des personnes ayant une faible d'estime d'eux mêmes. Ces questions sont très difficiles quand le soutien social de l'environnement n'existe pas. 

Faut-il dire aux autres que l'on est homosexuel(le) ? 

Pour sortir de cet état de mal-être lié à l'orientation sexuelle difficilement assumée, les recherches ont montré qu'il était nécessaire d'avoir un sentiment positif vis à vis de son orientation sexuelle et qu'une bonne intégration dans la vie sociale favorisait le bien-être. Cette intégration implique souvent d'annoncer son orientation sexuelle à ses proches, de discuter de cette orientation avec les autres. 

Mais la première étape est la reconnaissance envers soi. Beaucoup de gens se posent des questions sur leur orientation sexuelle, sur les attraits physiques et les émotions générées par les autres. Et se poser ses questions ne veut absolument pas dire que l'on est homosexuel(le). 

Pour trouver une réponse, chacun a sa méthode, et toute méthode est bonne à partir du moment où elle permet d'identifier son choix, de découvrir sa propre identité sexuelle. 

L'identité sexuelle est un choix qui en implique d'autres. Et il implique surtout de poser la question de savoir si on prend la décision suivante : celle de le dire à ses proches. Pour cela, il faut considérer l'aspect des risques et des avantages qui, eux, se déterminent personnellement selon la propre idée que l'on a de son niveau de confort. 

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Mary Gohin - dans Sexologie
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 14:01

La délimitation de la sexualité normale et de la sexualité pathologique est dépendante des références culturelles, idéologiques et sociales de l’époque concernée.

Aujourd'hui, la « normalité » est définie par l’absence de souffrance morale ou physique chez les partenaires sexuels puisque la loi ne parlant que d’abus sexuels, ne contrôle pas les pratiques sexuelles privées, entre adultes consentants.

Parler de souffrance rejoint la définition retenue par le DSM-IV qui identifie deux catégories de troubles sexuels: les dysfonctions sexuelles et les paraphilies (1).

Tous les troubles sexuels peuvent être étudiés et pris en compte par une pluralité de professionnels (psychologue, sexologue, médecin généraliste, médecin spécialiste, conseiller conjugal...) qui vont chacun étudier les conséquences ou les causes, face auxquelles ils se positionnent en tant qu'experts. 

Quand on parle de trouble du désir sexuel, on parle de baisse de désir sexuel, d'absence ou une perte de désir sexuel. Les professionnels parlent de désir hypoactif et distinguent l'absence de désir sexuel depuis toujours, l'anaphrodisie primaire et la disparition du désir sexuel, l'anaphrodisie secondaire.

baisse désir

Par définition, la perte de désir sexuel est une déficience ou une absence de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel ou de désir d’activité sexuelle. La personne est alors peu motivée dans la recherche de stimulus et éprouve peu de frustration quand elle est privée de la possibilité d’une activité sexuelle.

Cette absence de désir sexuel touche les hommes comme les femmes, même si les femmes sont beaucoup plus touchées (ou en parle plus souvent) par cette diminution de la libido.

Notre culture est fortement imprégnée de morale judéo-chrétienne, relayée par 2000 ans de discours d'une Église qui a instauré une méfiance à l’égard des plaisirs charnels. Considérant qu'ils emprisonnent l’esprit dans le corps, elle tolère l'acte sexuel dans des cadres très précis.

Le premier cadre est celui de la procréation, le second celui du devoir conjugal et le troisième celui de lutter contre le désir hors mariage. 

Ces cadres peuvent très bien exister en tant que croyances dans les schémas cognitifs des personnes souffrant de baisse de désir. Ces croyances, entrainant la formation de pensées parasites, peuvent devenir de vrais freins à un acte sexuel "réussi". 

Dans les pays occidentaux, la peur et l’ignorance concernant les troubles sexuels, surtout quarante ans après "la Révolution sexuelle", commencent à évoluer. La plupart des journaux, radios et télévisions apportent aujourd’hui des informations concernant la plupart des difficultés sexuelles que l’on peut rencontrer quel que soit l’âge.

Mais la peur, et l’ignorance parfois aussi, existent toujours ! La peur d’affronter ses propres troubles sexuels, de se les dire et de les exposer devant un tiers. La peur d’aborder des sentiments et des défaillances qui, par l’importance de leurs conséquences sur l’équilibre psychoaffectif, ont souvent été noyé par des réactions de défense pour les enfouir profondément dans l’inconscient et pour mieux les oublier, tellement la confrontation peut être douloureuse. Mais ce refoulement resurgit toujours, tant que le problème n’est pas résolu. La souffrance est toujours là parce que l’impact qu’elle engendre est souvent dévastateur sur le lien conjugal.

Il arrive souvent qu'un couple confronté à ce trouble sexuel particulier aille consulter en mettant en avant une problématique de communication. Parler de sexualité au professionnel que l'on vient voir demande toujours un effort de mise en mots. Et aussi souvent, le fait de consentir à en rechercher la cause, ou du moins à gérer la situation pour la modifier, demande un effort tout aussi soutenu. 

Selon Kaplan la présence du désir sexuel dépend de plusieurs facteurs.

- Biologiques et hormonaux

- Une bonne estime de soi et de son image

- La capacité d’accepter d’être une personne sexuée

- Des expériences passées positives

- Un partenaire approprié et attractif

En parlant d’anaphrodisie, on peut ajouter d’autres facteurs individuels et relationnels :

- L’éducation, la culture, la religion, c'est-à-dire la connaissance et le savoir

- L’âge

- Les conflits conjugaux

- Une faible communication affective et sexuelle

Mais on constate que le nombre de facteurs qui entrent en cause d’une absence ou d’une baisse du désir est sans limite.

La baisse du désir peut tout à fait être présente quand un problème, un souci particulier, personnel ou professionnel prend trop de place dans la vie de tous les jours. Le véritable trouble du désir, c'est la baisse de libido sans raison apparente. C'est la personne qui se sent fatiguée, qui n'éprouve plus aucune envie pour quelque activité sexuelle que ce soit, avec qui que ce soit, mais sans être capable de dire pourquoi.

Une des premières actions à inciter le couple d'entreprendre est la consultation médicale. En effet, le médecin généraliste recherchera une cause organique, c'est-à-dire physique, telle que l'hypogonadisme, l'anémie, le diabète, les affections endocriniennes, cardio-vasculaires, infectieuses, toxiques (alcool, toxicomanie) ou médicamenteuses (psychotropes, anti-hypertenseurs, etc.).

Face à une cause organique suspectée, le généraliste envisagera l’intervention d’un médecin spécialiste (urologue, gynécologue, endocrinologue, cardiologue…)

En outre, il vérifiera également une diminution des oestrogènes (chez la femme) ou du taux de testostérone (chez l’homme), ou un excès de progestérone ou de prolactine.

Le sexologue questionnera pour évoquer le symptôme (présence ou absence de fantasmes, rêves érotiques, érections spontanées, masturbations…), informera le couple sur les différents aspects de la sexualité hétérosexuelle afin de traiter le symptôme. Il envisagera le type de thérapie de couple, adaptée aux processus cognitifs mis en oeuvre dans la problématique du couple particulier qui le consulte. 

La thérapie de couple est essentiellement pluridisciplinaire car la stratégie est toujours à double entrée : la parole vers le corps et le corps vers la parole ou les difficultés psychologiques vers les malaises physiques et les malaises psychologiques  vers les difficultés physiques.

Pour poser un diagnostic étiologique, on sait que toutes les dysfonctions sexuelles sont multifactorielles. L’étiologie peut être autant psychogène, organique ou mixte.

Ainsi, même si ce trouble a ou n'a pas de cause hormonale reconnue, c’est toujours dans le cadre du couple qu’il pose problème et que ce problème peut avoir et une cause organique et une cause psychogène. Les causes profondes doivent être recherchées quand elles semblent vraiment utiles à la résolution du problème.

De manière générale, on sait que tous les sentiments négatifs éprouvés durant les échanges érotiques en altèrent la désirabilité, qu’il s’agisse de sentiments de rancune ou de culpabilité, qu’ils proviennent de valeurs répressives ou de vécus traumatiques.

Quand les causes s’additionnent, leur cumul est franchement nocif sur la relation du couple. En réponse à cette causalité multiple et très souvent interdépendante, les traitements ne peuvent qu’être pluridisciplinaires, portant sur différentes cibles et combinant diverses techniques : sexothérapie, thérapie de couple, psychothérapie, informations et conseils sexuels, médicaments. Chaque situation, chaque couple appelle sa formule propre.

En tant que psychologue sexologue, la thérapie de couple que je propose permet d’analyser les différents paramètres du symptôme (comportemental, cognitif, émotionnel et environnemental).

C'est ainsi que je peux très souvent dans le cas d'une baisse de désir ou de disparition, envisager d'orienter mon analyse fonctionnelle sur : 

- les croyances irrationnelles

- les pensées parasites 

- le comportement cognitif,

- le manque de fantasmes,

- l’imaginaire érotique culpabilisant.

Désir sexuel

KAPLAN, Helen Singer. The Sexual Desire Disorders : Dysfunctionnal Regulation of Sexual Motivation, Brunner/Mazel, New York, 1995.

POUDAT, François-Xavier, Noëlla Jarousse. Traitement comportemental et cognitif des difficultés sexuelles, Albin Michel, Paris, 1992

POUDAT, François-Xavier, Bien vivre sa sexualité, Odile Jacob, Paris, 2004

(1) Le DMS-IV ajoute aussi le trouble de l'identité sexuelle 

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Mary Gohin - dans Sexologie

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Mary Gohin

Psychologue, Hypnothérapeute

 

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