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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 12:06

L'anxiété normale et pathologique

Troubles-anxieux.jpg

Un entretien, un examen, une prise de parole en public peuvent nous rendre inquiets. Nous avons le coeur qui bat plus vite, les mains moites et la bouche sèche. Ces réactions de peur et de stress sont essentielles pour la survie. Elles nous permettent de poursuivre des buts importants et de répondre aux dangers.

Pour la grande majorité des gens, la réponse est provoquée par une menace réelle. Et en apportant la réponse appropriée à la situation stressante, l'anxiété disparaît.

Mais l'anxiété peut croître au point d'impliquer un état d'excitation excessive, d'adaptation inappropriée, caractérisé par des sentiments d'incertitude, d'appréhension ou de peur. L'anxiété peut devenir paralysante et plonger la personne dans l'inaction ou le retrait. 

Les niveaux d'anxiété 

L'anxiété est le premier élément important de l'évolution du stress. C'est à la fois un affect qui joue un rôle fondamental dans le développement psychologique et un état pathologique qui traduit une souffrance psychique et des troubles avec certaines caractéristiques. Quand on parle de niveaux d'anxiété, on distingue : 

- l'anxiété "normale" ou dite "de performance" : c'est un état de tension et de malaise interne, momentané et transitoire qui s'accompagne ou non de symptômes physiques. Il est consécutif à des difficultés de vie, inattendues ou souvent répétées. Son but est l'adaptation à une situation nouvelle. Elle est différente d'une adaptation normale (coping) par l'ampleur des manifestations psychiques et somatiques, par la réaction émotionnelle et la facilité de son déclenchement. 

- l'anxiété pathologique : c'est un état qui s'organise sur un mode plus durable et qui peut être à l'origine de troubles sévères et handicapants. Elle est souvent chronique et peut mener à la dépression. 

- l'anxiété psychologique : c'est un état qui se situe entre les deux états précédents. Elle peut être durable ou passagère et donner des symptômes qui peuvent être normaux ou pathologiques. 

Les types d'anxiété

Les types d'anxiété peuvent être déterminés de plusieurs façons. 

1. Pour la psychiatrie qui se réfère au DSM IV (Diagnostic and Statifical Manual of Mental Disorders, manuel de référence qui classe et catégorise les troubles psychiatriques spécifiques), les types d'angoisse sont répertoriés selon la personnalité avec une approche plus bio-comportementale que psychodynamique. Il y a

- le trouble anxieux généralisé qui est un état où l'anxiété et l'inquiétude excessives sont durables et fréquentes et sont accompagnées de symptômes spécifiques. 

- le trouble panique est marqué par la présence d'attaques de panique récurrentes et inattendues, suivies par des inquiétudes relatives à cette panique. 

- les troubles phobiques sont marqués par des peur persistantes à l'égard d'objets ou de situations objectivement visibles, comme la peur en avion ou la peur de certains animaux. 

- les troubles compulsifs sont marqués par des pensées, des idées, des représentations persistantes, perçues comme intrusives et inappropriées.

- les troubles du stress, comme le stress post-traumatique qui survient après une expérience ayant menacée l'intégrité physique et qui est marqué par des pensées et des souvenirs effrayants et persistants amenant colère et irritabilité. 

On peut parler de 

- L'anxiété réactionnelle (trouble de l’adaptation)

- L'anxiété pour des dangers à venir (anxiété généralisée)

- L'anxiété déplacée sur des objets ou situations (troubles phobiques…)

- L'anxiété style de vie (tempérament et personnalité anxieux)   

2. En définissant l'anxiété comme un état mentalisé de l'angoisse. On distingue alors les anxiétés selon les directions qu'elles prennent: 

- l'anxiété objectale (dirigée vers un objet), comme l'anxiété de séparation 

- l'anxiété narcissique (vécue comme une perte ou une destruction de soi). 

Définition de l'anxiété

Anxiete.jpg

L'anxiété regroupe plusieurs troubles avec des symptômes et des traitements différents. Mais tous ces troubles ont en commun de provoquer la peur, la nervosité, l'appréhension. Ces troubles affectent la manière dont nous nous comportons, influencent tout ce que nous ressentons. Ces troubles s'accompagnent également souvent de symptômes physiques.   

Les causes de l'anxiété

Les troubles anxieux sont causés par l'interaction complexe de facteurs génétiques, biologiques, cognitifs, comportementaux et liés aux expériences de vie. 

Les différentes théories tentent d'expliquer le rôle joué par ces différents facteurs. La première théorie est expérientielle (la peur est renforcée par une expérience traumatisante), la seconde est cognitive (en rapport à un système de fonctionnement inapproprié de pensées et de croyances appris depuis l'enfance), la troisième est biologique (l'amygdale jouerait un rôle essentiel). 

Les traitements des troubles anxieux

Il est évident que pour soigner il faut reconnaître le trouble. C'est la première lapalissade. La seconde est que plus tôt le trouble sera reconnu et pris en charge et plus on prévient les troubles secondaires fréquents, tels que la dépression ou la survenue d'addictions

Or, la majorité des gens souffrant de troubles anxieux hésitent à demander de l'aide. Plusieurs causes sont en jeu

1. Le trouble anxieux est mal perçu et la personne qui en souffre est souvent stigmatisée comme une personne incapable qui se plaint beaucoup sans agir. 

2. Le manque d'informations et la profusion d'informations maladroites et imprécises entraînent par exemple certaines personnes à redouter les effets à long terme de certains médicaments et/ou la prise en charge par un professionnel. 

3. Les soins peuvent faire appel à des ressources financières personnelles relativement importantes. 

4. Il arrive que certains médecins ne parviennent pas à poser un diagnostic exact à partir des symptômes décrits par la personne, relayant le trouble à un état émotionnel instable. 

5. Il est très difficile pour la personne elle même de "mesurer" son niveau d'anxiété, c'est à dire déterminer si les peurs à l'origine de son malaise sont du domaine du normal ou du pathologique.  

Or, les troubles anxieux répondent très bien au traitement et souvent dans un laps de temps relativement court, même si le traitement dépend du type de trouble anxieux et de sa gravité. La plupart des troubles anxieux sont traités par les thérapies (thérapie cognitivo-comportementale et thérapie comportementale), les médicaments (les benzodiazépines et les antidépresseurs) ou une combinaison des deux. Dans le cas d'anxiété modérée, certains traitements complémentaires sont bénéfiques (exercices physiques, méditation, relaxations).

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Mary Gohin - dans Stress
5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 17:15

Nous sommes tous semblables et tous différents.

Une des raisons de notre différence est expliquée par le concept du driver (ou conducteur) développé par Taibi Kahler à la suite de la théorie de l'analyse transactionnelle émise par Éric Berne.

Les drivers sont des styles de comportements qui se construisent à partir des messages émis par l'environnement dès notre enfance. Les messages répétés par des adultes référents vont influencer notre façon de penser et notre manière de nous comporter. Ils vont s'insérer dans nos croyances et devenir la base de nos comportements. 

drivers.jpg

Taibi Kahler a distingué 5 drivers, groupes de comportements ou pilotes de vie. 

Au message "Tu aurais pu faire mieux", l'enfant va construire le "Sois parfait !"

" Arrête de pleurer" va se traduire par "Sois fort !"

"Tu n'es pas gentil"  donne le driver "Fais plaisir !"

"Tu n'as plus rien à faire ?" engendre "Fais des efforts !"

"Tu n'as pas encore fini ?" donne "Dépêche toi !"

D'autres auteurs vont ajouter un 6ème driver "Débrouille toi !" suite au message "Tu es grand maintenant"

Les messages ne seront néfastes que s'ils nous enchaînent aux comportements qu'ils impliquent. Car, après tout, il n'est pas négatif d'essayer d'être meilleur, fort, gentil, de travailler vite et bien en toute autonomie. Mais, si ces messages nous emprisonnent, si nous ne parvenons pas à comprendre les comportements que nous avons adoptés pour y obéir, si nous ne pouvons nous affranchir du poids qu'ils occupent dans notre vie, alors ces messages sont des contraintes inconscientes qui mettent à mal notre estime de nous et nous fait vivre sous stress chronique. 

L'estime de soi est mise à mal parce que nous ne parvenons pas à être fort, meilleur, gentil .... Le message nous pousse vers l'idéal du comportement induit, qui par définition est inatteignable. 

Les comportements adoptés engendrent un stress dont nous ignorons la source. Généralement, les personnes sous influence d'un message contraignant viennent me voir en disant tout de suite : "Tout va bien, mais..."

Les drivers nous empêchent de réussir, en nous fabriquant l'auto-sabotage de nos projets. 

L'analyse transactionnelle a l'atout essentiel d'expliquer comment nous pouvons changer notre vision du monde pour devenir ce que nous voulons être. De théorie, elle est devenu modèle dynamique, sans cesse en mouvement. 

Dans les prochains articles, je ferai le tour des drivers ou pilotes de vie, un par un, en explicitant ce qu'ils impliquent et la façon dont on peut les modifier pour en faire des alliés de notre réussite. 

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Mary Gohin - dans Stress
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 17:10

Sur le plan social, la rupture d'une relation est pratiquement banalisée. Mais sur le plan cognitif et surtout émotionnel, elle ne se fait jamais sans souffrance que l'on soit celui qui quitte ou celui qui est quitté, que ce soit une séparation après 6 mois ou 15 ans de vie commune. La souffrance est proportionnelle à la force de l'attachement, à l'importance de l'investissement affectif au moment de la séparation. 

deuil-relation-amoureuse.jpg

La séparation est source de détresse et s'assimile au deuil. Elle arrive toujours au "mauvais moment", se passe rarement bien, engendrant stress, solitude et état dépressif. 

Si on décide de quitter, le cheminement qui y conduit est rempli de culpabilité et de malaise. Si on est quittés, on est déstabilisés par l'impression d'incompréhension immédiate. Si le point de départ semble différent, le processus et le travail qui ramène à l'équilibre sont identiques. 

Le deuil, au sens psychanalytique du terme est un processus complexe déclenché par la perte d'un objet. Quand on parle d'objet en psychologie, on parle autant de personnes que de situations. Cela veut dire que toute perte peut enclencher un processus de deuil. Perte d'un être cher en cas de décès, perte d'une relation amoureuse en cas de séparation, perte d'une situation sécuritaire en cas de licenciement, perte d'un environnement en cas de déménagement, perte de valeurs en cas de désillusions... Il faut dans tous les cas faire le deuil de l'objet perdu. 

En anglais, on distingue le "grief", le deuil affective et "bereavement" la situation de deuil, car le deuil est un processus et une réponse. Du choc initial au rétablissement de l'équilibre, le processus est toujours lent. Et, même ce travail de deuil une fois terminé, il arrive que la personne continue à se référer à sa rupture, comme si la blessure marquait son expérience, sa vie de façon permanente.

Dans le temps, le processus comprend 4 étapes principales avant la reconstruction cognitive : le choc avec le déni et le chantage, la recherche ou l'évitement de l'autre, la colère avec la haine et/ou la culpabilité et la dépression. Chacune de ces étapes a des processus particuliers. 

Du point de vue cognitif, le processus revêt différents états émotionnels et comportements qui se regroupent selon un certain ordre à l'intérieur de chaque étape principale. 

Mais comme nous sommes tous semblables et tous différents, si nous traversons tous ces mêmes étapes, états et comportements, nous les vivons plus ou moins intensément, selon les différents paramètres qui font notre différence. 

En se tenant aux diverses études réalisées transversalement sur les étapes d'un deuil de relation, voici les faits qui font du processus de deuil notre similitude, notre ressemblance à l'autre que nous.    

1. Le choc

Même quand la séparation est prévisible parce que le couple se déchire depuis longtemps, la rupture est vécue comme un choc. C'est du à une modification brusque des habitudes provoquant un changement des conditions sécuritaires.

Cet état émotionnel intense est marqué par l'anxiété et le stress souvent accompagnés de troubles physiologiques, comme la perte d'appétit, l'insomnie. Moins la personne est soutenue, plus grande sera son stress et son anxiété. Certaines personnes sont dans un état de choc semblable à celui vécu par les victimes d'accident. Ils sont engourdis émotionnellement et ne semblent rien ressentir. 

Au cours de cette étape, on entre dans le déni (c'est impossible !) puis parfois dans la recherche compulsive d'une solution qui permettrait que l'inévitable n'existe pas et que la situation présente n'ai jamais existée. 

2. la recherche de l'autre ou l'évitement

D'après les études réalisées, la seconde étape peut être la recherche obsessionnelle de la présence de l'autre ou son évitement tout aussi obsessionnel. Certaines personnes vivent même les deux facettes de cette étape.

La recherche de l'autre :

S'il y a rupture physique, il n'y a pas rupture de l'attachement. L'autre est physiquement inaccessible, mais moralement présent. Il est très souvent dans les rêves, parfois imaginé dans les endroits familiers. On le voit partout et tous les objets nous le rappellent. Celui qui vit cette étape recherche éperdument tous les signes de présence. 

L'évitement de l'autre : 

On cherche alors à nier et à refuser tout ce qui peut rappeler l'autre. On déménage à la hâte, on se précipite dans une relation de remplacement, on dévie les conversations qui parlent de l'autre, on oublie les amis communs. 

3. La colère

Dans cette étape, les émotions dominent.  On est surtout en colère et son expression nécessaire, incontournable doit pouvoir être dépassée. La colère peut être tournée vers soi ou vers l'autre. 

Tournée vers l'autre, on est en colère contre l'autre et /ou tous les autres, tous ceux qui n'ont pas pu empêcher que la rupture survienne, qui ne nous ont pas aidé à l'éviter. Contre cet autre qui n'est pas resté, contre sa famille et contre ses amis. Contre tous les hommes ou toutes les femmes.

Tournée vers soi, c'est la culpabilité qui domine. On se sent coupable "Je n'aurais pas du dire ça, faire ça... ". La rupture est vécue comme une punition.

En fait on cherche la faute (de l'autre, des autres ou de nous), la faute qui nous a menée vers cet état de solitude que l'on ne parvient pas encore à accepter, à vivre.  

4. La dépression 

Après toutes ces étapes agitées, arrive celle de l'abattement. On est d'abord triste, vraiment triste parce que tout ce que l'on vit devient vraiment réel. Puis toute l'énergie s'épuise un peu plus et s'installe un état dépressif. Il n'y a rien à faire, l'autre n'est plus là. On se replie sur soi. On renonce à tout, on s'isole. 

5. La reconstruction de l'équilibre

Après "avoir touché le fond", on remonte la pente. On accepte la situation et surtout on s'adapte au changement. L'absence de l'autre nous a obligés à modifier nos habitudes. Nous vivons autre chose. Nous apprenons autre chose. On se recentre sur soi et on découvre un autre aspect de nos valeurs de vie que la vie commune avait peut être étouffées. On fait de nouveaux projets. On retrouve un équilibre. L'autre n'est plus au premier plan. Il est devenu partie intégrante de notre expérience de vie. 

Comment arrive-t-on à cette reconstruction ? 

Il est nécessaire de sortir de la dépendance affective dans laquelle on s'enfonce dans les premières étapes du deuil d'une relation. Pour en sortir il faut la comprendre, c'est à dire prendre conscience des mécanismes qui la sous tendent. 

La dépendance affective est une situation et, comme toute situation, elle fait appel à toutes les autres situations identiques que l'on a vécues dans le passé. La petite enfance, l'enfance et l'adolescence.

Il faut dépasser la rupture et lui donner un sens. Beaucoup de personnes parviennent même à s'en sortir enrichies, en découvrant les ressources intérieures qui étaient plus ou moins en sommeil dans l'habitude d'une sécurité. 

Il faut comprendre nos manques et nos attentes. La véritable transformation passe en priorité par soi. 

C'est la distance à soi qui permet, paradoxalement, de se retrouver. Anne Ancelin Schutzenberger résume les techniques en disant qu'il est nécessaire de se faire plaisir, de bien s'entourer pour reconstituer "un stock de vitamines émotionnelles".    

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Mary Gohin - dans Stress
14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 10:03

Si nous appréhendons le regard d'autrui c'est parce que nous redoutons son jugement. Nous avons peur que l'autre nous renvoie une image dévalorisante de nous, image qui ne correspondrait pas à celle que nous nous faisons de nous. 

Cette peur fait évidemment référence à une fragilité de l'estime de soi, d'un manque de confiance en soi. La peur est alors plus forte quand l'autre est flou, insaisissable, donc dans les situations de rencontres nouvelles, de contacts de personnes peu ou mal connues.

Nous avons tous besoin du regard des autres, parce que l'autre nous confirme notre existence, notre identité. Mais il arrive que la peur du regard des autres empoisonne notre vie, à différents degrés, comme s'il y avait une menace de notre identité et un manque de reconnaissance.

La peur du regard des autres peut devenir un malaise anxieux qui se situe sur un continuum allant de la simple timidité à la phobie sociale.

biais-attentionnels.jpg

Cette peur peut se rattacher à toutes les situations sociales vécues ou à une seule, comme celle de la prise de parole en public.

À l'origine de ce malaise on trouve certaines croyances dysfonctionnelles précises et en particulier la croyance selon laquelle les autres attendent de nous que nous soyons parfaits parce qu'ils ne toléreraient pas la moindre erreur. 

À cela s'ajoutent des croyances conditionnelles sur les évaluations sociales : "si je me trompe, les autres vont me ridiculiser" et des croyances conditionnelles sur notre propre identité ou capacité : "si je me trompe, je ne suis pas intelligent" 

Entrent en jeu alors les biais attentionnels qui vont mettre en évidence tout ce qui justifie les croyances. Ces personnes anxieuses vont focaliser leur attention sur leurs propres apparence, comportements et manifestations d'anxiété au détriment des signes positifs renvoyés par les autres. Un tel a baillé pendant que je parlais, c'est bien la preuve que ce que je dis est idiot, que mon travail n'est pas parfait ... Un tel me regarde intensément, c'est bien la preuve que je ne suis pas bien habillé, que je me comporte mal ... 

C'est donc autant un travail sur les croyances qu'un travail sur les causes et les conséquences que je poursuis quand une personne vient me voir en me parlant de sa peur du regard des autres. 

Cette personne en dépendance affective de l'autre a besoin de reprendre confiance en elle, de retrouver une place sociale qui lui appartient et qui lui est propre. 

À titre indicatif, voici un tableau distinguant la timidité et la phobie sociale, d’après André (1999).

Timidité  Phobie sociale
L'anxiété diminue au fur et à mesure des rencontres avec la personne ou la situation, l'anxiété diminue L'anxiété augmente au fur et à mesure des rencontres avec la personne ou la situation, l'anxiété augmente
La personne se soucie épisodiquement de sa peur La personne est obsédée par sa peur
Peur d’être laissé à l’écart Peur d’être agressé
L’anxiété atteint rarement la panique L’anxiété atteint fréquemment la panique
Évitements limités et anxiété de confrontation modérée Évitements fréquents et anxiété de confrontation très importante
La personne est perçue par l’entourage comme timide La personne est perçue par l’entourage comme distante
Sentiment de tristesse après les performances sociales ratées Sentiment de honte profonde après les performances sociales ratées

 

 

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Mary Gohin - dans Stress
9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:15

Dans cet article, je ne fais pas référence à la honte traumatique. 

La honte est un sentiment qui regroupe toute une famille d'émotions, telles que l'embarras et l'humiliation et même plus discrètement la modestie, la timidité, le découragement, la gêne, l'infériorité et la non-conscience de ses compétences ou aptitudes. Le dénominateur commun de ces variantes est la perception négative du regard des autres sur nous.

La honte est une construction émotionnelle née des relations interpersonnelles. Elle est la conséquence des attentes, des espoirs déçus, de la déception, de l'échec, du rejet ou manque d'intérêt mais tout cela par rapport à la perception du regard et de la pensée des autres.

Honte.jpg

L'exemple suivant, je le prends dans un de mes cours sur la théorie de l'attachement de John Bowlby (1907-1990). Voici un bébé installé dans la cuisine pendant que sa mère range la vaisselle. Appelée ailleurs, elle quitte la pièce quelques minutes. Le bébé attend son retour et au bruit des pas qui reviennent vers lui, il s'apprête à rencontrer le regard de sa mère en dessinant déjà un sourire. Or, sa mère, occupée, rentre sans le regarder et continue ce qu'elle faisait. Le bébé ressent alors un sentiment de honte partant du raisonnement suivant : si elle ne me regarde pas, c'est que je ne suis pas assez bien pour elle".

Dans la perception de nos relations interpersonnelles, il y a plusieurs composantes, telles que l'imagination de notre apparence, l'imagination du jugement sur cette apparence et le sentiment d'estime de soi qui peut aller de l'orgueil à la mortification.

La honte n'est pas le simple reflet mécanique de nous-mêmes, mais un sentiment imputé, l'effet imaginé d'un jugement fait par l'autre sur nous mêmes. C'est donc une émotion centrale de l'interaction sociale. 

Elle se manifeste de plusieurs façons. Le honteux peut baisser les yeux, rougir, se mordre les lèvres ou se forcer à sourire, voire s'agiter. Les réponses peuvent aussi la gêne, la défensive, l'exagération ou le déni.

Comme elle est vécue de l'intérieur et ne peut s'extérioriser, c'est l'estime de soi qui est écornée parce que l'on peut se répéter que l'on est méchant, stupide, égoïste. On martèle notre confiance en nous de l'humiliation ressentie, du mépris supposé. On intériorise les critiques imaginées des autres sur nous qui nous viennent de petites remarques des autres et auxquelles nous accordons beaucoup d'importance.

La honte, dans nos sociétés, est presque toujours refoulée et cachée. Elle est parfois la prise de conscience de toutes nos autres émotions. La colère, la peur, le chagrin et l'amour sont souvent peu exprimés. C'est alors une source de honte quand l'autre nous en fait le reproche: "Ne pleure pas, tu n'as pas de raison d'avoir peur, reprends-toi, ne fais pas ton bébé, tu devrais avoir honte...". On internalise ces avertissements, de sorte que quand on se met à ressentir une de ces émotions, nous allons immédiatement essayer de les contrôler, de les cacher et d'en avoir honte.

Pour certains la critique interne fournit en permanence une évaluation négative. On ne peut plus faire les choses de façon correcte et bien, on est trop ou pas assez agressif, on se laisse marcher sur les pieds par les autres...

Pour guérir d'un sentiment de honte chronique, il est nécessaire de comprendre profondément que ce que nous sommes est différent de notre croyance supposée que nous avons de nous. Il faut identifier la honte et le processus de honte pour apprendre à les gérer, c'est à dire à reconnaître nos propres défenses face à la honte pour répondre de façon plus efficace et constructive à la perception du regard des autres.

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Mary Gohin - dans Stress
26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:29

Nous le faisons tous, tous les jours et souvent. Mais, pour certains, cette comparaison à autrui est une destruction lente d'eux mêmes, une perte de l'estime de soi. 

C'est vrai que nous sommes tous pareils, mais c'est vrai aussi que nous sommes tous différents. C'est ce paradoxe que nous devons gérer, dire et accepter. 

Se-comparer.JPG

Quand la comparaison est positive, elle rassure. "Il y a des tas de gens qui surmontent cette maladie que l'on vient de m'annoncer. Alors je peux m'en sortir"

Quand la comparaison vient d'autrui, elle agace, énerve et fait naître un sentiment de non reconnaissance. C'est ce qui arrive, par exemple, quand nous racontons à quelqu'un quelque chose de triste ou de préoccupant qui nous arrive et que notre interlocuteur nous répond par une anecdote personnelle similaire ou par le genre de phrase assassine : "ne t'en fais pas, ça passera." 

Quand la comparaison est négative, elle se transforme en émotions négatives et nous déprime. "Je ne suis pas aussi jolie que les autres, je ne suis pas aussi intelligent, je réussis moins que les autres". Ces comparaisons nous bloque et nous empêchent d'avancer. Nous faisons le contraire de ce que nous voudrions faire, c'est à dire que nous allons vers la conformité de ce que nous pensons. Si on se trouve moins beau, on fera tout pour l'être. Si on se trouve moins intelligent, on se mettra dans des situations qui le prouve. Si on pense réussir moins bien, on échouera pour valider nos croyances sur nous. 

Nous avons une furieuse tendance qui nous pousse à valoriser le négatif, à donner plus de poids à tout ce qui nous renvoie vers le moins bien, le pire. 

 La comparaison peut être valorisante si et seulement si elle rassure. 

Si, au contraire, cette comparaison vous semble vous détruire, réduire l'estime que vous avez de vous, alors, la première action à faire est de se poser et de réfléchir à ce que vous voulez être vraiment. Cherchez vos valeurs, c'est comprendre ce qui est important pour vous, ce que vous voulez faire de votre vie, la votre, la vraie, pas la vie idéale ou la vie idéalisée d'un être que vous pensez parfait. 

Le danger d'être semblable aux autres est qu'il nous est parfois naturel de penser à la place des autres. L'autre devient l'idéal et notre comparaison est forcément le miroir négatif de ce que nous n'atteindrons jamais. 

Voici une de mes clientes qui vient de divorcer et me consulte pour un travail de deuil qui n'en finit pas de se terminer. Elle me raconte qu'elle est malheureuse et que les autres sont heureux. Le moindre couple rencontré au quotidien la démoralise et la déprime. Elle a idéalisé ce qu'elle a perdu et pense que tous les couples rencontrés sont forcément heureux parce qu'ils sont en couple. Son estime d'elle est très faible et sa préoccupation majeure revient à valider sa croyance bloquante. Vide d'elle même, elle se remplit de l'autre idéal. 

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Mary Gohin - dans Stress
23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 16:22

On connait bien les conséquences négatives d'un stress trop important, tant sur le plan physique que psychologique. 

Une étude américaine souligne l'impact du stress sur le contrôle attentionnel. 

stresses.jpg

Cette étude a comparé deux groupes d'étudiants. Les deux groupes avaient le même âge, le même nombre d'années d'études, les mêmes habitudes alimentaires et de sommeil. Leur différence venait du fait que l'un des groupes était sous forte pression d'examen décisif pour la suite de leurs études.

On a donc, pour cette expérience, un groupe A : étudiants sous pression d'examen décisif et un groupe B sans pression d'examen. Les psychologues ont proposé aux deux groupes d'effectuer des tâches cognitives avant d'examiner leur activité cérébrale. Ils ont constaté que les étudiants du groupe A étaient facilement distraits et plus les individus se disaient stressés, plus leur distraction était présente. En analysant leur cerveau au scanner IRMf, les chercheurs se sont aperçus qu'il y avait chez ce groupe d'étudiants stressés, une nette réduction de la coopération des différentes parties du cerveau qui travaillent habituellement ensemble pour soutenir la réflexion et le raisonnement. La réduction était très nette au niveau du cortex préfrontal. 

Or ce cortex préfrontal a parmi ses nombreuses fonctions, celle de mémoire de travail. La mémoire de travail est comme un bloc-notes mental flexible qui aide à garder les informations et à les trier. 

Les psychologues ont repris le groupe A, une fois leur examen passé. Ils ont alors constaté que les activités cérébrales étaient très comparables à celles qui avaient été enregistré pour le groupe B, lors de l'expérience. La réduction du contrôle attention n'est pas réversible. 

Cette expérience est intéressante parce qu'elle permet de comprendre que le fait d'être sous pression modifie les différentes régions du cerveau et leur façon de communiquer entre elles. Quand une zone cesse de communiquer avec les autres, les conséquences peuvent être désastreuses sur notre réflexion et nos capacités de raisonnement. 

On peut en conclure deux choses, sous forme de conseils : 

1. En période de stress intense, quand la pression extérieure est très forte, il faut relativiser à l'extrême, minimiser l'impact, se revaloriser en se remémorant toutes les réussites passées. 

2. En période de stress intense, on peut tenir un journal intime pour raconter toutes nos préoccupations. Ce travail permet de stimuler la mémoire de travail et le fait de coucher sur le papier tous ses soucis est comme les déposer hors de soi. 

Ces conseils peuvent paraitre simples, mais ils peuvent permettre de faire diminuer la pression et de gagner en performances le jour de la grande épreuve qui stresse tant. 

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Mary Gohin - dans Stress
18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 12:12

Il arrive parfois que l'influence sociale nous entraîne à nous conformer, c'est à dire à adopter la norme de l'autre pour éviter le conflit. 

dissonance-cognitive.jpg

Pour beaucoup de personnes, le concept de conformisme a une connotation négative. Or, être conforme, c'est simplement choisir quelque chose de socialement acceptable. Si je suis une femme et que je décide de mettre une jupe, je suis en conformité avec la norme qui accepte qu'une femme puisse porter une jupe. Si je suis un homme, je ne serait en conformité que si ma jupe est un kilt et que je suis soit en Écosse, soit Écossais. Dans le cas contraire, je serais e,n déviance par rapport à la nome. 

Une même personne peut se montrer en conformité ou en déviance sur une multitude de comportements, et tous, nous oscillons de l'un à l'autre selon les situations et notre vision du monde. 

Ces jugements que nous portons sur nous mêmes, entraînent l'opinion que nous avons de nous mêmes. 

La plupart du temps, nous nous jugeons par rapport à un modèle, à un idéal de nous. Imaginons un basketteur qui a comme modèle ou idéal Mikaël Jordan. Ne parvenant pas à atteindre le niveau de la norme qu'il s'est fixé par croyance que tout basketteur doit être Mickaël Jordan ou rien, l'estime qu'il aura de lui s'affaiblira. Il finira par croire qu'il est un mauvais basketteur et pour, correspondre à l'image qu'il se fait de lui, il ne pourra que devenir de plus en plus mauvais. 

Nous avons tous plus besoin d'être "cohérent" que "correct". Nous ne supportons pas l'incohérence de nos opinions ou de nos comportements. Et parce que nous ne les supportons pas, nous faisons tout ce que nous pouvons pour rétablir l'équilibre. 

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Mary Gohin - dans Stress
17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 12:50

Voilà une situation que nous connaissons bien. La journée commence et nous devons finir le travail commencé la veille au milieu du bruit permanent en sachant qu'il faut aller faire les courses, se mettre à jour et payer des factures, faire un peu de ménage et surtout, surtout, continuer à être gentil avec tout le monde. 

stress.jpg

C'est évident que, dans ces moments là, on a du mal à communiquer avec les autres, du moins à communiquer sans agression ni soumission. 

En cas de stress, notre façon de communiquer se modifie. Mieux communiquer implique alors de gérer son stress. La plupart du temps, le stress nous motive, nous pousse à agir, mais là, le stress joue contre nous et contre notre façon de gérer les interactions. Nous entrons facilement en conflit. 

La première action à entreprendre est de se responsabiliser de façon à stopper la culpabilité qui ne ne nous fera que de nous enfoncer dans le conflit. Le plus simple est alors de prendre conscience de ce que nous vivons et de ne pas lancer notre stress sur les autres, tentant de les rendre responsable de ce que nous ne parvenons pas à être responsable. Si vous êtes agressif envers les autres, vous construisez le stress de l'autre qui, à son tour, vous renverra son niveau de stress. 

Être coupable, se sentir coupable, c'est se positionner en victime. Toute victime a un bourreau et un sauveur. Vous entrez alors dans un jeu de communication sans issue. 

La responsabilité se fonde sur la maîtrise de soi qui passe par la reconnaissance de soi. On peut alors prendre conscience de ce que nous vivons et l'exprimer aux autres. On prend le contrôle de nos sentiments, on parvient à dire ce que l'on aime et ce que l'on n'aime pas. On diminue son stress. On se respecte et, par contre coup, on respecte l'autre. 

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Mary Gohin - dans Stress

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