Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 11:50

Il est important de souligner l'existence de deux termes en psychogénéalogie et plus précisément quand on parle de transmission : celui d'intergénérationnel et celui de transgénérationnel.  

Intergenerations.jpg

En psychanalyse, le terme 'intergénérationnel' fait référence à un processus reconnaissant les modalités des conflits permettant de situer l'être humain en relation avec les générations antérieures de la personne. Le sens psychanalytique de cette notion entre dans le champ des notions essentielles et des conditions méthodologiques qui ont permis de découvrir l'inconscient. 

Ce terme d'intergénérationnel est un dérivé de celui de transgénérationnel qui, lui, est apparu en France dans les années 1970 par Anne Ancelin Schutzenberger dans les notions d'héritage, de transmission et de généalogie. 

Ce mot a servi de catalyseur pour la reconnaissance de la présence d'idées provenant d'un ancêtre qui, dès le départ, participe avec son propre inconscient à la constitution de l'appareil psychique d'un descendant. 

La problématique n'est pas seulement d'observer empiriquement la participation de trois générations aux phénomènes intergénérationnels, mais de distinguer ce qui peut entraver la reconnaissance de la différence entre les générations et la reconnaissance de l'altéralité. 

entre-les-generations.jpg

De grands auteurs ont abordé l'intergénérationnel et le transgénérationnel à partir de perspectives différentes, sans parfois même n'utiliser aucun de ces deux termes. On peut citer les travaux sur les fantômes et la crypte (Abraham Torok), sur l'ange (Dumas), ceux sur les fantasmes d'identification (Freud), sur la confusion entre la naissance et le décès (Guyotat 1995) sur les indentifications inconscientes et le télescopages des générations (Faimberg 1988) sur l'héritage délirant bloquant la pensée (Enriques 1984, 1987). 

À côté de ces théoriciens, on trouve la suite de leurs travaux sur les concepts majeurs avec Nachin qui étudie la pathologie du deuil (1981-1989), Eiguer qui conceptualise l'objet transgénérationnel en thérapie familiale (1987, 1997), Lebovici qui parle de "mandat transgénérationnel" (1980, 1995). 

À côté encore, il y a toute une série d'auteurs qui se mettent à étudier la transmission des traumastismes historiques : les effets de l'holocauste par Bergman et Jucovy (1991), l'attribution des noms avec Gampel, le génocide arménien avec Altounian, les survivants des catastrophes naturelles avec Goodman 2008, les Américains d'origine japonaise enterrés pendant le 2nd GM avec Nagata 1990, les esclaves africains avec Cross 1998 et les effets de la violence sur les enfants avec Schechter, Brunelli 2002. 

Esclavage.jpg

Les termes intergénérationnel et transgénérationnel sont des termes relativement récents et relativement proches, car ils font appel au même concept applicable à une grande variété de domaines théoriques différents. Mais on ne peut se contenter d'employer l'un parfois et d'employer l'autre, d'autres fois. 

C'est Tisseron (travaux sur la transmission des images mentales entre les générations) qui fait la distinction la plus claire entre l'intergénérationnel et le transgénérationnel quand il parle de relations intergénérationnelles qui concerne celles "qui se produisent entre générations adjacentes en situation de relation directe" et de relations transgénérationnelles qui concernent celles qui "se produisent au travers de la succession de générations. Cette distinction est pratiquement reprise par certains auteurs qui parlent de transmissions intergénérationnelles et d'échos transgénérationnels, les seconds étant inclus dans les premiers. 

Du point de vue  de l'étymologie, il est intéressant de noter que le préfixe 'inter' donne une dimension horizontale aux relations, c'est à dire des générations qui se côtoient dans une même vie et que le préfixe 'trans' donne une dimension verticale des liens entre les générations qui se succèdent sans se rencontrer. Si bien que pour moi, le terme 'intergénérationnel' concerne les relations entre les générations et le terme 'transgénérationnel s'utilise pour parler de transmissions au sein d'une famille.

Ainsi le travail sur les transmissions de traumatismes historiques m'apparaissent appartenir au domaine de l'intergénérationnel et le travail que j'effectue sur les transmissions d'un ancêtre de la même famille que celui qui vient me voir appartient au domaine du transgénérationnel.

 

Je vous présente cette bibliographie qui, non exhaustive, permet de faire un large tour d'horizon sur la transmission entre les générations ou transgénérationnelle. 

 

  • Didier Dumas, L'Ange et le fantôme, introduction à la clinique de l'impensé généalogique 1985
  • Nicolas Abraham et Maria Torok, L'écorce et le noyau
  • Sigmud Freud, Le petit Hans
  • Anne Ancelin Schützenberger, Aïe, mes aïeux ! 1993 
  • Jean Guyotat, Naissance, mort et filiation 
  • René Kaës, Haydée Faimberg, Micheline Enriques, Transmission de la vie psychique entre générations
  • Martin Bergmann, Milton Jucovy, Martin Bergman, Generations of Holocauste
  • Micheline Enriquez, Incidence du délire parental sur la mémoire des descendants
  • Yolanda Gampel, Le délire en héritage
  • Yolanda Gampel, Ces parents qui vivent à travers moi
  • Janine Altounian, Mémoires du génocide 
  • Janine Altounian, Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie. Un génocide aux déserts de l'inconscient 1990
  • Janine Altounian, Deuil, mémoire, transmission 2005
  • Claude Nachin, le deuil d'amour 2000
  • Claude Nachin, A l'écoute des fantômes 2010
  • Claude Nachin, Les fantômes de l'âme 1993
  • René Kaës, Transmission de la vie psychique entre générations
  • Alberto Eiguer, Le générationnel : approche en thérapie psychanalytique 1997
  • Serge Lebovici, Le nourrisson, sa mère et la psychanalyse
  • Nathalie Zaide, Tobie Nathan, Enfants de survivants : la transmission du traumatisme chez les enfants Juifs survivants de l'extermination nazie 2005
  • Anne Ancelin Schützenberger, Ces enfants malades de leurs parents 
  • Serge Tisseron, Maria Torik, Le psychisme à l'épreuve des générations, clinique du fantôme 2000
  • Serge Tisseron, Secrets de famille et psychogénéalogie 2007
  • Nina Canault, Comment paye-t-on la faute de ses ancêtres, 1998
Repost 0
Mary Gohin - dans Trangénérationnel
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 13:33

Lors de ma formation à la psychogénéalogie, j'ai appris qu'il y avait des règles concernant  le tracé du génosociogramme ou du génogramme. En effet, non seulement on se doit de partir d'une hypothèse que l'on va confirmer ou infirmer, mais aussi, ce tracé, réalisé uniquement en séance, au cours d'un entretien, doit être fait personnellement par celui qui est en demande d'explications sur une éventuelle transmission inconsciente ou sur une résonnance familiale. 

Entre la théorie et la pratique, il y a toujours un pas à franchir qui permet le cheminement de l'un à l'autre. C'est la théorie qui mène à la pratique et la pratique qui assoit la théorie. 

Récemment, j'ai eu à en comprendre toute la portée.

Christine est venue me voir parce qu'elle ne parvenait plus à faire face à son angoisse. Après deux fausses couches, elle est à nouveau enceinte et craint de perdre encore le foetus qu'elle porte. 

Après un long discours sur sa famille, celle de son père français, celle de sa mère italienne, je lui propose de tracer son génogramme en lui disant que j'émets l'hypothèse que sa peur est une peur transmise et que ses fausses-couches sont en fait l'expression de la peur des peurs. 

À ce stade de la démarche, je ne connais ni l'expression exacte de sa peur ni sa cause. Mais, je sens que ce travail sur l'arbre peut apporter une lumière, une direction intéressante. 

Forte de ce que j'ai appris, comme je le fais toujours, je lui demande de tracer son arbre. La seule consigne que je donne est ma fiche sur lesquels j'ai indiqué les symboles à respecter. 

symboles-genosociogramme.JPG

Et ce qu'elle trace est tellement intéressant que je comprends toute la portée des règles apprises du tracé. Car sans elles, nous n'aurions pas souligner ce déplacement des générations et ce non respect des proportions. 

Genogramme-C.-1.JPG

Christine note très vite

- que tous ses oncles paternels sont morts (jeunes ou même très jeunes),

- qu'elle enferme sa famille italienne entre son père et sa mère,

- qu'elle étale sa fratrie

- qu'elle rétrécit ses cousins paternels

- que ses cousines (trois du côté paternel, une du côté maternel) ont eu des fausses-couches comme elle.

Si elle connait les fausses-couches de ses cousines, elle ignore s'il y en a plus d'une au niveau des générations supérieures.  C'est une recherche qu'il lui faut faire. 

La séance suivante va lui permettre de retracer son arbre en respectant les générations. 

Genogramme-C.-2.JPG

Et Christine me dit à la fin de la séance : "J'ai l'impression d'apprendre à respirer !"

Le travail peut alors se poursuivre... 

Repost 0
Mary Gohin - dans Trangénérationnel
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 11:23

En psychogénéalogie, les liens du sang ne sont pas les plus importants, car souvent, ce sont les liens émotionnels qui tissent la toile de notre héritage. 

Les parents, grands-parents, leurs conjoints, leurs ascendants, les différentes lignées fraternelles, les parrains, marraines, les amis proches de la famille ... tout ce monde qui tourne dans et autour de notre arbre, forme un tout car tous ont une influence émotionnelle dans notre vie.

La reconnaissance de ces dimensions émotionnelles nous permet de comprendre les liens tissés sur l'arbre dans un fonctionnement subtil et invisible de l'inconscient familial qui influe sur notre vie quotidienne. 

Chaque détail est important, les moments de joie et les moments de tristesse, les métiers choisis ou non, les noms, les prénoms, les dates, les ententes et les conflits. Tous ces éléments sont des indicateurs précieux des liens qui engendrent des résonances entre le passé et le présent. Toutes ces éléments sont actifs en nous, et ces souvenirs sont autant d'émotions conscientes et inconscientes.    

arbre-genealogie.gif

La souffrance, le malaise présent est très souvent créés à partir des non-dits, des secrets familiaux qui renvoient à des sentiments de frustration, d'abandon, d'injustice que nous prenons sur nos épaules même s'ils ne nous appartiennent pas en propre. Travailler sur l'arbre, nous permet de comprendre qu'ils appartiennent à ceux là mêmes qui ont tissés ces liens émotionnels. 

Nous sommes tous originaires d'un tissage familial, social et culturel dont les fils portent l'empreinte des mémoires, de toutes les réalités qui se confondent et rencontrent nos expériences particulières. Comprendre les motifs de cet inconscient émotionnel nous permet de vivre le moment présent et de prendre conscience des croyances qui nous bloquent dans nos projets présents.

Le travail en transgénérationnel est un moyen de transmuter notre passé ancestral, de rétablir l'harmonie intérieure et extérieure de notre environnement. La rencontre avec nos racines nous permet d'établir une relation avec nos ancêtres et d'accepter d'être momentanément déstabilisés par eux car ce travail est aussi le carrefour entre le visible et invisible, le conscient et l'inconscient.

Repost 0
Mary Gohin - dans Trangénérationnel
29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:57

Le génosociogramme et le génogramme sont des outils de la psychogénéalogie.

Le génogramme est une sorte d'arbre généalogique construit sur 3 ou 4 générations, ascendantes et descendantes qui se construit en entretien individuel ou collectif.

Lors de la première séance, le tracé se fait de mémoire parce que les oublis ou les trous de mémoire parlent autant que les souvenirs. On y inscrit tout ce que l'on sait sur les membres de la famille, autant les dates, que les lieux, les métiers et les évènements familiaux. On y inscrit aussi les personnes et les animaux importants si cette importance a marqué la famille.

Par exemple, pour une des tantes, soeur de la mère de ma cliente, il a été impossible d'écrire plus que ce que la mémoire familiale transmettait : elle est morte pieds nus dans sa cuisine. Aucun autre élément ne venait en mémoire de ma cliente. 

Génogramme-1

Autre exemple, une de mes clientes me raconte qu'elle était très souvent confiée à la voisine. Or, hormis le prénom qui correspondait au prénom de son frère (Yvonne, Yves) et  son lieu de vie, ma cliente ne pouvait ajouter aucun renseignement sur cette femme présente pendant plus de 15 ans dans son enfance. 

Genogramme-2.JPG

L'entre séance est alors primordiale. Le consultant va rechercher les informations manquantes pour compléter son arbre. La recherche peut partir dans toutes les directions mais restera centrée sur ce qui a fait défaut ou ce qui a interpellé lors du premier traçage. 

Ma première cliente apprendra que mourir dans sa cuisine les pieds nus pourrait vouloir dire qu'elle est morte des suites d'un avortement. Son prénom Élodie est l'anagramme du prénom Odile. Sa stérilité est comme une réparation de la "faute" que sa tante a commise. 

Ma seconde cliente apprendra que la voisine a été très présente dès avant le mariage de ses parents. Son père aurait épousé sa mère alors qu'il aimait cette autre femme qui est restée dans l'ombre du ménage et de la famille toute sa vie. 

Le génosociogramme ajoute une dimension sociale car, en plus des évènements familiaux, on y inscrit les évènements historiques. Ce sont les guerres, la déportation, l'émigration.. 

 

Ces outils permettent de s'interroger sur les scénarios dans lesquels nous avons engagé nos descendants et/ou ceux dans lesquels nos ascendants nous ont engagé. 

Certains troubles ou certaines histoires de vie ne s'expliquent que par des évènements traumatiques dans les générations antérieures dont la portée réelle n'est pas connue de celui qui ressent le malaise présent. 

Le travail, à travers le génogramme ou le génosociogramme permet de faire des liens significatifs entre les dates, les âges, les situations, les évènements. 

Élodie ne parvient pas à avoir d'enfant, réparant l'avortement de sa tante. Thérèse replace sa mère dans le couple de ses parents en reprenant le cancer qui est cause de sa mort. 

La représentation graphique évolue au fur et à mesure des séances, au fur et à mesure que l'on peut placer tel évènement. Ce travail qui permet de visualiser ce qui est véhiculé à travers les générations, fait prendre conscience à celui qui l'entreprend que la vie qu'il mène peut être bien à lui, qu'il peut la mener autrement, et que ses choix de vie lui appartiennent en propre. 

Repost 0
Mary Gohin - dans Trangénérationnel
20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 12:48

J'utilise l'analyse transgénérationnelle pour laquelle j'ai reçu une formation spécifique, soit à la demande de la personne qui vient me consulter, soit à ma demande quand  je fais l'hypothèse que le blocage au niveau d'une situation personnelle ou professionnelle, a pour origine une histoire située au niveau d'une transmission transgénérationnelle. 

Anne Ancelin Schützenberger après avoir travaillé avec Moreno aux USA, a inventé le nom "psychogénéalogie" pour décrire cette branche de la psychologie qu'elle a enseigné à l'Université de Nice et qui s'intéresse à la transmission des croyances et des maux de génération en génération.

Elle écrit dans son livre "Aïe mes aïeux" :" Nous sommes finalement moins libres que nous le croyons. Pourtant, nous pouvons reconquérir notre liberté et sortir de la répétition, en comprenant ce qui se passe, en saisissant ces fils dans leur contexte et leur complexité. Nous pouvons enfin vivre ainsi "notre" vie, et non celle de nos parents ou grands-parents ... "

Anne-Ancelin-Schutzenberger.jpg

Nous avons tous des valises composées de croyances et d'émotions lourdes et nos premières valises nous sont données par la famille, ce premier système auquel on appartient.

En utilisant l'analyse transgénérationnelle, les entretiens vont permettre de prendre conscience des maux qui se transmettent de génération en génération parfois sous forme d'histoires, parfois sous forme de non-dits. En travaillant cette prise de conscience, on comprend que ce qui nous arrive, ce qui bloque le plus souvent dans nos projets fait tant  écho dans notre histoire familiale. C'est en ce sens que l'on parle de répétitions inconscientes.

Dans l'analyse transgénérationnelle, on utilise un outil qu'Anne Ancelin Schützenberger a repris en y incorporant des données psychanalytiques. C'est le génosociogramme créé par l'école de Palo Alto, pionnière de la thérapie familiale.

Le génogramme ou génosociogramme est une construction généalogique sur 3 générations (voire 4 si nécessaire) que l'on réalise de mémoire et que l'on complète avec tous les événements que l'on connait. Ce qui est primordial est le subjectif que l'on inscrit sur cet arbre.

Ce que l'on raconte en le faisant, ce que l'on y écrit, ce qui nous fait défaut, ce qui est passé sous silence est ce qui rend l'outil aussi pertinent dans une recherche de résolution de difficulté ou de compréhension de malaise.

Voici Alexia qui vient me voir parce qu'elle n'arrive plus du tout à gérer son stress et ne parvient plus à finaliser tous les projets qu'elle met en place

Exemple de génosociogramme
Génosociogramme d'Alexia

Au cours de la construction de l'arbre, Alexia me parle de la fausse couche que sa mère a faite avant sa naissance. L'évènement est connu, mais personne n'en parle. Alexia comprend qu'elle n'est pas l'aînée de la fratrie comme elle le pensait, mais le second enfant. Puis, en parlant des relations des uns avec les autres, Alexia me raconte celui qu'elle subit avec son père, qui lui même le subissait avec le sien. Parce que cette question l'interpelle, elle va piocher les renseignements manquants auprès des siens et comprendre que le conflit entre le père est le second enfant se répète de génération en génération.

Au cours des entretiens suivants, elle va replacer son propre conflit dans sa vie, redonner aux autres, les conflits qui ne lui appartiennent pas, résoudre le sien et prendre en main sa place, sa vie et ses projets. 

Repost 0
Mary Gohin - dans Trangénérationnel

Présentation

Mary Gohin

Psychologue, Hypnothérapeute

 

25 rue du Brûlet, Sainte Foy lès Lyon 69110

(lundi, vendredi et samedi)

ou

Route de Dième, Valsonne 69170

(mardi, mercredi et jeudi)

ou

par Webcam (Skype, Gmail ou Facetime)

 

04 74 05 13 79

06 42 68 63 83

Contact

Site

Recherche

Renseignements

Thérapie individuelle ou thérapie de couple

TCC

Hypnose

Psychogénéalogie

 

Catégories